Entre réfugiés climatiques et conflit d’usage : ces étudiants imaginent la montagne de 2050

« Après avoir connu un afflux important de réfugiés climatiques et politiques, le Vercors est plus que jamais une terre d’accueil pour tous. Mais où loger tous ces néo-habitants ? Les résidents décisionnaires du Vercors doivent se réunir pour trouver une solution. »

Revêtus d’un costume correspondant à leur rôle, Pauline, Andréa, Mélissa et Clément ont joué une des saynètes dans cette pièce intitulée “L’élite des sommets”. Alma, Fleur et Émilien ont, eux, présenté leur bande dessinée “Révolution, décroissance, expédition” lors d’une conférence de presse. Un autre groupe a réalisé un film “Le Vercors contre-attaque” alors qu’un quatrième a conté les “Chroniques du Vercors, l’élévation et la fracture”.

« Être un outil d’aide à la décision »

Ces quatorze étudiants, en Master 2 de Stratégie économique du sport et du tourisme à Grenoble, ont planché sur un exercice prospectif en imaginant la montagne de 2050. « Ces scénarios sont issus d’une rencontre avec des citoyens, des socioprofessionnels et des élus du Vercors.

Il y a un double objectif : faire émerger de nouveaux récits et être un outil d’aide à la décision », explique Camille Rey-Gorrez, enseignante pour le cours “développement territorial et transition des territoires” et directrice de l’association Mountain Riders.

Ces étudiants ont passé une journée, début janvier, à Lans-en-Vercors pour échanger avec des élus, des responsables du domaine skiable et de l’office de tourisme, des associations citoyennes mais aussi d’anciens élus : « Nous avons vraiment essayé d’avoir des points de vue très différents sur l’historique et leur vision sur le tourisme. Nous avons alors recueilli pas mal de matériaux pour produire des scénarios à partir de la méthodologie du design fiction. »

Ils sont venus les présenter au siège du Dauphiné Libéré , à Veurey-Voroize, en présence de Georges Bosi, rédacteur en chef adjoint en charge, notamment, de la verticale montagne.

Les échanges ont porté sur les problématiques comme les conflits d’usages, la gouvernance, le climat, la surfréquentation ou encore la question de la sanctuarisation. « La montagne change, il faut s’adapter et on a besoin de pouvoir se projeter avec des scénarios plutôt ambitieux, à la fois utopiques et dystopiques. Mais, à chaque fois, nous nous basons sur des éléments réalistes », a expliqué une des étudiantes.

Camille Rey-Gorrez espère que ces « nouveaux récits » pourront « résonner » sur le plateau du Vercors (et ailleurs) et inspirer les élus.

Quatorze étudiants, en Master 2 de Stratégie économique du sport et du tourisme à Grenoble, ont planché sur un exercice prospectif en imaginant la montagne de 2050.<br />
Photo Robin Charbonnier
Quatorze étudiants, en Master 2 de Stratégie économique du sport et du tourisme à Grenoble, ont planché sur un exercice prospectif en imaginant la montagne de 2050.
Photo Robin Charbonnier

Article issu du Dauphiné Libéré

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