Un usage trop intensif de l’application peut avoir des conséquences extrêmement négatives sur les sportifs, qu’ils soient professionnels ou amateurs. Christophe Lyonnard est préparateur mental. Il accompagne de nombreux athlètes dans différents sports.
Au fil des années, il a vu l’application rentrer dans le quotidien des cyclistes. Et il en note certains bienfaits : « Ça peut accentuer la motivation et la performance. Strava pousse à faire des activités régulières, et le suivi peut être un levier de confiance au vu des progrès faits par un sportif. Aussi, le côté communautaire et social de la plateforme peut valoriser l’estime de soi ».
« La notion de plaisir n’est plus présente »
Dans son bilan annuel de fin d’année 2024, Strava annonce que 135 millions d’athlètes utilisent l’application. Des statistiques qui démontrent un engouement qui peut pousser à l’extrême selon lui : « Certains sportifs ne font pas la séance s’ils n’ont pas de quoi enregistrer l’activité ».

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Une dépendance numérique à risque, « car la notion de plaisir n’est plus présente. En plus, l’ego vous pousse à vous surentraîner pour le regard des autres, augmentant les risques de blessures. Aussi, toute cette pression peut amener au burn-out ». Également préparateur physique, cet ancien traileur encourage l’entraînement sans montre, pour se reconnecter aux vraies sensations.
« Le sportif ne doit pas devenir esclave de l’application. À la base, Strava est un journal de bord. La comparaison sociale est le premier danger, puisque ça ne prend pas compte des conditions météo, ni de la forme du moment, et accentue la dangerosité d’un effort violent ». Sans vouloir être moralisateur, le spécialiste interroge « les sportifs à se demander le sens qu’ils cherchent derrière tout ça ». Histoire de retrouver ce qui les motivait vraiment avant d’utiliser Strava.
Article issu du Dauphiné Libéré