Alerte jaune sur Val d’Isère. Sur les vestes des moniteurs. Sur les sacs des pisteurs. Dans les bonnets des agents des remontées mécaniques. Et même accrochés à une fermeture éclair des gendarmes. Depuis le 3 mars, tous les travailleurs de la station avaline arborent un pompon jaune.
Une nouvelle mode ? Il n’en est rien. « C’est une opération de sensibilisation à propos de la sécurité sur les pistes pour que les skieurs, quand ils voient le pompon, viennent nous demander pourquoi on le porte », décrypte Cédric Bonnevie, directeur de la régie des pistes de Val d’Isère.
La couleur jaune est une référence à la croix des pisteurs secouristes de Val d’Isère. Quant au pompon, « c’est facile à faire avec un petit peu de laine, deux morceaux de carton », sourit Cédric Bonnevie qui compte une centaine de réalisés à son actif.
« Certains skieurs ne font attention à rien »
L’opération est le fruit d’un travail en commun entre la mairie, le gestionnaire des remontées mécaniques, la régie des pistes, l’office du tourisme et les socioprofessionnels de la station. En partant d’un constat simple : « les pistes sont devenues dangereuses et certains skieurs ne font attention à rien », analyse François Mas, un pompon jaune sur sa veste.
Il y a trois ans, ce moniteur de ski indépendant avait lancé l’alerte avec son « constat d’insécurité » adressé à la mairie de Val d’Isère. Le document est à l’origine d’une charte des ambassadeurs intitulée “Pour la sécurité et le bien-être sur les pistes”. À ce jour, 400 professionnels de la station l’ont signée. « Nous sommes les premiers témoins de ces comportements dangereux sur les pistes qui mettent en danger nos petits skieurs. Nous nous devons de jouer notre rôle d’informer sur les bonnes conduites, y compris nos clients », affirme François Mas.
« Des skieurs sont revenus avec les jambes tremblantes »
Mais il n’y a pas que les pompons jaunes pour sensibiliser les vacanciers. Il faut se rendre en haut du télésiège Borsat, côté Bellevarde, pour trouver un slalom spécialement aménagé sur une piste verte. « L’idée est de prendre de la vitesse et se rendre compte des dangers d’une trop forte allure », explique au départ Loïc. Le pisteur l’assure : « Après l’avoir descendu, des skieurs sont revenus avec les jambes tremblantes ». Le signe d’une leçon retenue.
Et si celle-ci n’est pas bien appliquée, les gendarmes de la brigade de Val d’Isère veillent au grain. « Très régulièrement, des patrouilles à ski partent sur les pistes interpeller les récalcitrants », assure le Major Christian Bugnone. Pas de contravention possible mais « l’effet gendarme les calme ». Espérons que l’ effet pompon jaune aussi.
Article issu du Dauphiné Libéré


