Sécurité et avalanches : la Savoie mise sur les drones pour surveiller ses pistes

Sur le front de neige de La Norma, encore vert pour quelques jours, une quinzaine de professionnels des stations savoyardes s’affairent autour de deux drones, et révisent les fondamentaux du télépilotage,le jeudi 6 novembre, à l’invitation de Patrolair, entreprise de formation aux métiers du drone d’Aix-en-Provence.

Spécialiste des questions de sûreté et de sécurité, elle démarche depuis trois ans sociétés de remontées mécaniques, services des pistes et nivoculteurs pour former leurs agents.

« Depuis un an, les stations font appel à nos services sans que nous les ayons contactées », se félicite son directeur général Antoine Fleischmann. Signe, pour lui, d’une prise de conscience de l’intérêt du drone par les acteurs de la montagne.

Dernière en date, la Sogenor, qui gère les domaines skiables de Valfrejus et de La Norma, en Haute-Maurienne qui a récemment formé deux personnes, annonce Grégory Laffont, le directeur d’exploitation.

Montagne sous drone

Les applications de l’usage des drones en station sont innombrables, allant d’ opérations de contrôle sur les lignes des télécabines, télésièges, et autres Catex (câbles transporteurs d’explosifs utilisés dans les déclenchements d’avalanche), en passant par la surveillance de la production de neige de culture, l’or blanc étant légèrement plus « chaud » en sortie de buse, une différence aisément observable par une caméra thermique.

Les drones sont aussi utiles lors des secours, permettant de dénombrer rapidement le nombre de personnes bloquées sur une remontée mécanique en panne, ce qui facilite l’organisation de l’évacuation verticale. En cas d’avalanche, les aéronefs permettent de distinguer les indices de surface : ski, gants et bâtons dépassant d’une coulée, signalant des victimes coincées en dessous.

Veste Les Arcs sur les épaules, Alice, géographe, décrit aussi une utilisation plus originale : « On a chez nous un hors-piste qui se termine par une falaise, sans possibilité de descendre. Quand on voit des personnes s’engager, on envoie le drone équipé d’un haut-parleur pour leur dire que ça ne sert à rien de continuer, ça évite d’envoyer des pisteurs. »

Photo DL/Valentin Dizier
Photo DL/Valentin Dizier

Drones et avalanches

Il serait même aujourd’hui possible d’effectuer des recherches DVA (détecteur de victime d’avalanche) par drone. Une innovation proposée par une société espagnole qui commercialise cette solution depuis deux mois à peine.

Pour le déclenchement préventif d’avalanche (Pida) , il faudra cependant attendre encore un peu. Si des solutions sont testées chez nos voisins suisses, « ça sera fonctionnel d’ici un ou deux ans », estime Antoine Fleischmann, qui précise qu’il s’agira de petites charges. « Ça pourrait remplacer les Catex, mais pas les Pida hélico, pour l’instant. Dans 10 ans, avec l’évolution des technologies, qui sait ? »

Article issu du Dauphiné Libéré

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