On l’a toujours entendu dire : si on se fait un genou à quelques mètres de la piste, mieux vaut se traîner jusqu’à cette dernière. Alors vrai ou faux ?
Deux principes s’opposent en France : d’une part la notion de coût concernant la mobilisation de personnels et de matériel, d’autre part de délit de “non-assistance à personne en péril”. Il est bien gentil, vous dites-vous. Mais moi, si je tombe en dehors de la piste de ski et que je me blesse, à quelle sauce mon compte en banque va-t-il être dévoré ?

5000 euros le secours ?
Une légende urbaine, c’est fait pour faire frissonner dans les chaumières. C’est le principe. Et en matière de ski, la légende veut en effet que la moindre spatule glissée “du côté obscur” de la balise de bord de piste soit sévèrement sanctionnée en cas de chute.
Ici on parle de 5 000 € le secours, là de risque de se retrouver sur le banc d’infamie d’un tribunal correctionnel, et même de refus de secours si vous ne montrez pas votre carte bancaire aux secouristes !
Le dernier cas ne vaut que pour le passage sous les fourches caudines de la chute en territoire helvète. La réalité pécuniaire diffère quelque peu pour qui “se vautre” dans l’or blanc.
La réalité :
En France, le secours est gratuit. Oui, mais non. Il est en effet pris en charge par la collectivité lorsqu’il intervient en territoire public et non exploité.
Comme la haute montagne. Là, CRS, sapeurs-pompiers (GMSP), gendarmes (PGM ou PGHM) ou sociétés bénévoles de secours en montagne opèrent sans contrepartie. Une gratuité que certains critiquent, oubliant bien vite la même gratuité lorsque les pompiers interviennent sur la route ou dans un logement…
Des tarifs gradués
Mais commençons par définir le domaine skiable. Il comprend toutes les zones accessibles à ski depuis les remontées mécaniques (par gravitation), qu’il s’agisse de pistes ou de secteurs hors-pistes. Ce qui implique une gradation dans le coût des interventions de secours.
Le coût d’une intervention proche du poste de secours ou d’une remontée mécanique sera de l’ordre des 50 €, montera aux environs des 150 à 200 € en zone “piste proche” et autour des 340 € lorsque les pisteurs doivent intervenir en zone piste éloignée, généralement plus d’un kilomètre du poste de secours.
Si le service des pistes doit accéder à des secteurs hors-pistes accessibles gravitairement par remontées mécaniques, il vous en coûtera environ 630 à 700 €.
Sur des secteurs aux accès plus compliqués et non gravitaires, des tarifs horaires rentrent en vigueur, dont ceux d’un hélicoptère. À 30 € la minute de vol, effectivement, ça peut devenir douloureux côté finances !

La France plus généreuse que ses voisins
Mais attention, pour peu que vous basculiez en Suisse ou en Italie (ce qui est vite arrivé en Haute-Savoie), la note peut s’avérer plus salée. En Suisse, la notion de secours gratuit est inconnue et les sommes peuvent vite être stratosphériques (2 000 à 5 000 CHF l’héliportage !)
En Italie, si la notion de gratuité est entendue, gare à la demande de secours “de confort”. Si la raison médicale n’est pas avérée, vous payerez la facture… En résumé, nul besoin de ramper jusqu’à la piste la plus proche pour réduire le coût de la facture… Sauf en Suisse, si vous n’avez pas pris la précaution de vous assurer.
Article issu du Dauphiné Libéré