Un ascenseur valléen pour monter à L’Alpe d’Huez : un projet « réalisable d’ici 2032 »

Véritable serpent de mer, la liaison câblée entre Le Bourg-d’Oisans et Huez vient de franchir une étape administrative qui réjouit Guy Verney, le maire bourcat et président de la Communauté de communes de l’Oisans (CCO). « Cet ascenseur valléen est inscrit au Scot [schéma de cohérence territoriale, document clé pour l’aménagement du territoire, NDLR], que les élus communautaires ont approuvé à l’unanimité en novembre dernier, explique l’élu. Nous avons reçu fin janvier la confirmation que notre Scot n’a fait l’objet d’aucun recours par les services de l’État ou associations. Cela signifie qu’il n’existe désormais plus de possibilité de contester juridiquement le Scot, et donc le principe de cette liaison par câble ».

Cette adoption définitive du Scot ouvre la voie à une phase plus technique, avec une enquête dite “4 saisons” qui doit être menée, pour recenser la biodiversité (faune et flore) présente à l’année sur les sites envisagés. « Les études de faisabilité, techniques et environnementales ont déjà été faites, et ont reçu des avis favorables », resitue Guy Verney.

Photo Le DL/Stéphane Pillaud
Photo Le DL/Stéphane Pillaud

45 millions d’euros de travaux

Pour rappel, cet ascenseur vise à décarboner l’accès à l’Alpe d’Huez, la route étant saturée en hautes saisons. La gare basse serait voisine de la gare routière du Bourg, et le tracé, sans gare intermédiaire, survolerait La Garde et le hameau du Ribot (rattaché à Huez) pour se connecter à la gare existante de l’Huez express, à Huez village, ce qui permettrait ensuite de rallier l’Alpe d’Huez. « Il reste du travail, notamment sur les acquisitions foncières pour la pose de pylônes et les droits de survol sur les propriétés privées », anticipe le président de la CCO, qui estime malgré tout le projet « réalisable d’ici 2032 ».

Deux obstacles de taille demeurent cependant, en premier lieu le coût des travaux, que Guy Verney estimait l’automne dernier à « 45 millions d’euros ». « En 2021, nous avions des promesses de subventions de 13 millions d’euros, mais aujourd’hui, il faut tout redémarrer », reconnaît-il, compte tenu du contexte budgétaire national très tendu. Pas de quoi entamer son optimisme pour autant : « Quand on en sera à la phase de déposer les permis, on aura travaillé le dossier du financement avec la mairie d’Huez, qui porte le projet au même titre que celle du Bourg-d’Oisans ».

Second frein potentiel, les élections municipales. Si à Huez, les deux candidats (le maire sortant Jean-Yves Noyrey et son opposant Gabriel Chamouton) sont favorables au projet, au Bourg, Bruno Aymoz, rival de Guy Verney, est moins emballé. « L’idée est bonne, mais on ne veut pas que la commune devienne un parking géant pour les stations », résume le candidat, qui, en cas d’élection, a également promis de solliciter la population sur tous les sujets d’ampleur. Autrement dit, la fin des bouchons vers, ou au retour de l’Alpe d’Huez, n’est donc pas pour tout de suite…

Article issu du Dauphiné Libéré

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