Dans l’univers du cyclisme, certains noms font frissonner les jambes rien qu’à leur évocation : l’Alpe d’Huez, le Galibier, le Mont Ventoux… Pourtant, à côté de ces géants, un col bien moins élevé s’impose régulièrement comme l’un des plus impitoyables : le col de Joux-Plane, perché à seulement 1 691 mètres d’altitude, entre Samoëns et Morzine, en Haute-Savoie.
À première vue, cette altitude semble anodine. Et pourtant, professionnels du peloton comme cyclistes amateurs s’accordent à dire que Joux-Plane est l’un des cols les plus difficiles de France. Alors pourquoi une telle réputation ? Décryptage d’un col aussi redouté que mythique.
Un profil brutal dès les premiers mètres
Ce qui frappe dès l’attaque du col depuis Samoëns, c’est l’absence totale de phase d’échauffement. On entre immédiatement dans le vif du sujet :
- Distance : 11,6 km
- Dénivelé positif : environ 990 m
- Pente moyenne : 8,5 %
- Passages fréquents à 9-10 %, avec des pics à 11 %
Contrairement à d’autres grands cols alpins qui offrent des paliers plus doux ou des replats pour souffler, Joux-Plane ne pardonne rien. Son profil est irrégulier, nerveux, cassant, et impose un effort soutenu du bas jusqu’au sommet.
L’un des cols les plus redoutables du Tour de France
Introduit pour la première fois sur le Tour de France en 1978, le col de Joux-Plane a régulièrement servi de juge de paix dans les Alpes. L’un de ses épisodes les plus célèbres reste l’étape de l’an 2000, où Lance Armstrong, jusque-là dominateur, connaît une de ses rares défaillances, laissant Marco Pantani et Richard Virenque lui voler la vedette.
Ce col est souvent placé en fin d’étape, après une succession de difficultés alpines. Fatigués, déshydratés, les coureurs y arrivent souvent déjà à la limite, et Joux-Plane devient alors une épreuve mentale autant que physique.

La chaleur : l’ennemi invisible
Autre facteur aggravant de la difficulté : l’exposition au soleil. Très peu ombragée, surtout dans sa partie intermédiaire, l’ascension de Joux-Plane peut devenir un véritable four en été. En juillet, les températures grimpent facilement au-delà des 30 °C, et le goudron peut accentuer la chaleur ressentie. L’effort devient alors encore plus éprouvant.
Une descente technique vers Morzine
Le col de Joux-Plane ne se résume pas à sa montée. La descente vers Morzine, raide et sinueuse, est elle aussi réputée pour sa technicité. Elle demande une concentration maximale, notamment dans le cadre de compétitions, où les vitesses peuvent dépasser les 80 km/h.
Pour les amateurs, c’est une récompense grisante mais à aborder avec prudence. Le revêtement est globalement bon, mais certaines courbes serrées en dévers peuvent piéger les moins vigilants.
Un défi pour les cyclistes amateurs
Si le col de Joux-Plane est un classique des épreuves professionnelles comme le Critérium du Dauphiné ou le Tour de France, il attire aussi chaque année des milliers de cyclistes amateurs venus se confronter à son défi.
Gravir ce col, c’est cocher une case importante dans la to-do list du cycliste passionné. C’est aussi entrer dans une expérience alpine intense, bien plus rude que son altitude ne le laisse présager.
Pour ceux qui souhaitent l’aborder de manière plus progressive, le versant depuis Morzine est légèrement moins difficile, mais il conserve un caractère bien trempé.