À la réflexion du sujet, nous pensions vous livrer un article insolite. Raté. Après quelques échanges, nous nous sommes rendu compte que la baignade hivernale était devenue pratique commune dans le lac d’Annecy. Pourquoi ce phénomène ?
Est-ce que c’est vraiment une activité insolite ? On se pose la question. Pour le commun des mortels, la réponse est oui. Pour le Haut-Savoyard, résident autour du lac d’Annecy, la réponse semble être non. Quand la température de l’eau tombe sous les 10 degrés au début du mois de novembre, les adeptes commencent à parler de baignade hivernale. En club, en groupe, ou seuls, les pratiquants ne sont plus des espèces rares. Au contraire, l’activité est devenue commune. Même si elle n’a rien de banal.
L’automne est bien installé. Le matin, le pare-brise des voitures est embué. Au réveil, on tire plutôt la doudoune et le bonnet, plutôt que le slip de bain. Sauf pour Marilys Iirilli Jean, présidente et fondatrice des Lacustres de Duingt, club de baignade hivernale, Antoine Rouillon, président des Vikings de Talloires et Josette Curnillon, présidente d’Hell’eau du Lac à Saint-Jorioz.
La tendance du froid
Et ils ne sont pas seuls. Avec eux, plus de 150 personnes, adhérentes aux trois associations, font la même chose. Et plusieurs fois par semaine.
« Le club a été créé il y a 25 ans, par une poignée de baigneurs téméraires, avec une inspiration scandinave, se souvient Antoine Rouillon, à la tête du club doyen. Aujourd’hui, l’association compte 85 adhérents. Au début, on voyait cela plutôt comme un défi. Désormais, les membres se baignent régulièrement. 2 700 baignades ont ainsi été totalisées l’année dernière, entre octobre et avril. Si on acceptait tout le monde, on pourrait être 150 sans problème ».
De l’autre côté du lac, à Saint-Jorioz, Josette Curnillon se souvient avoir « organisé un tirage au sort, l’an dernier, pour donner accès au club. Il y avait douze personnes pour cinq places ». Avant d’ajouter : « Il y a beaucoup plus de monde qui se baigne, c’est tendance ! Nous sommes limités à cinquante adhérents, pour des raisons d’assurance, mais nous avons beaucoup de demandes ».
Un effet de mode ? Oui, mais pas seulement. « Il y a plusieurs facteurs à ce développement de la baignade hivernale, présente Antoine Rouillon, spécialiste de la discipline. Déjà, la médiatisation des bienfaits de l’eau froide sur la santé. Au niveau des articulations, du système immunitaire, de la stimulation des organes, la pratique régulière a des effets bénéfiques sur le corps. Nos membres sont unanimes, les sessions baignades procurent également un sentiment de plaisir, car elles libèrent des endorphines ».

La baignade qui soigne
La preuve, jeudi 6 novembre dans la matinée, dans la lueur du soleil, les baigneurs des Lacustres de Duingt étaient dithyrambiques. « J’ai soigné une entorse au genou grâce à la baignade », lâchait Mireille, entre deux brasses. « Le plaisir que me procure cette activité est inestimable », complétait Marilys.
Des habitués, comme Christine, Sophie, Jean-Marc, Denise, Patrick ou Lisa, on en croise partout autour du lac. Finalement, les novices comme Brigitte, venue se baigner pour la première fois ce jeudi-là, sont plus rares.
Difficile d’estimer le nombre de pratiquants de la baignade hivernale dans le lac d’Annecy. Mais il suffit d’aller se balader, pour le constater : la discipline n’est plus insolite, elle est devenue normale.
Article issu du Dauphiné Libéré