Pourquoi le tunnel du Fréjus porte-t-il ce nom ? Rien à voir avec la commune du Var

Le tunnel du Fréjus, axe majeur de circulation entre la France et l’Italie, est l’un des passages les plus empruntés à travers les Alpes. Situé entre Modane en Savoie et Bardonnèche dans le Piémont, ce tunnel est souvent cité aux côtés du Mont-Blanc comme point de franchissement stratégique. Pourtant, une question revient régulièrement : pourquoi s’appelle-t-il « Fréjus » ? Le nom intrigue, car il évoque bien souvent une destination ensoleillée du sud de la France.

En effet, on peut associer à tort le tunnel du Fréjus à la ville méditerranéenne de Fréjus, située dans le Var, sur la Côte d’Azur. Cette confusion est compréhensible, mais totalement infondée. L’origine du nom est en réalité alpine. Il renvoie à un sommet discret mais important des Alpes, à la frontière franco-italienne.

Photo Le DL/Louise Raymond
Photo Le DL/Louise Raymond

Un sommet discret mais stratégique

Situé à 2 936 mètres d’altitude, la Pointe Fréjus est un sommet relativement peu connu du grand public, mais bien identifié par les randonneurs, géographes et historiens de la région alpine. Il s’élève entre deux vallées majeures : la vallée de la Maurienne côté français (Savoie) et la vallée de Suse côté italien (Piémont). Il fait partie du massif du Mont-Cenis, au cœur des Alpes.

Ce sommet marque également une portion de la frontière naturelle entre la France et l’Italie, et domine un ancien itinéraire de franchissement : le col du Fréjus, qui relie Modane à Bardonnèche en passant par un sentier d’altitude. Ce col, à environ 2 542 mètres, était jadis utilisé pour les passages saisonniers, bien avant l’ère des tunnels. On y retrouve encore aujourd’hui des vestiges de constructions militaires et de sentiers muletiers, témoins de son importance stratégique dans l’histoire alpine.

Le mont Fréjus est moins spectaculaire que certains géants alpins voisins comme la Dent Parrachée ou les Pointes de la Partie, mais il offre un panorama à 360° sur le massif des Cerces, les Écrins au loin, et même les glaciers de la Vanoise.

La Pointe du Fréjus. Photo Le DL/Sylvaine Romanaz
La Pointe du Fréjus. Photo Le DL/Sylvaine Romanaz

C’est dans ce contexte que les ingénieurs du XIXe siècle, lorsqu’ils percèrent le tunnel ferroviaire, inauguré en 1871 et passant sous la Pointe du Fréjus, choisirent ce nom déjà bien ancré dans la toponymie locale. Le tunnel routier du Fréjus, ouvert en 1980, reprendra naturellement cette dénomination, perpétuant ainsi la mémoire d’un sommet qui, sans être célèbre, a façonné le destin des échanges transalpins.

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