Le snowboard est-il toujours à la mode ?

Plutôt ski ou snowboard ? C’est un sujet de conversation classique sur le télésiège, entre les adeptes de la planche unique et ceux qui ne comprennent pas pourquoi on voudrait se mettre de profil et s’attacher les deux pieds à un même engin. Voire un sujet de crispation, quand les skieurs reprochent aux « surfeurs » de prendre trop de place sur le siège ou encore d’avoir une attitude dangereuse sur les pistes. Certaines stations, comme Alta, Mad River Glen et Deer Valley, aux Etats-Unis ou même Ventron dans les Vosges, ont longtemps interdit leurs pistes aux snowboardeurs, afin de rassurer les skieurs et les familles.

Beaucoup plus de skieurs que de snowboardeurs

Mais on ne rentrera pas dans ce débat. D’autant que, si le snowboard a surfé sur une vague puissante depuis sa création, dans les années 1970, jusqu’à son âge d’or (qu’on situe, selon les pays, entre les années 1990 et le début des années 2000), la pratique a ensuite stagné, puis diminué. Selon une récente étude menée par Yougov, si 38% de la population nationale affirme savoir skier et/ou faire du snowboard, on observe un net avantage du premier (31%) sur le second (4%), alors que 3% des personnes interrogées s’en sortent dans les deux pratiques. Une domination qu’on retrouve au niveau des cours donnés dans les Ecoles du ski français (ESF), où la proportion de snowboardeurs est d’environ 10%, contre 90% pour le ski.

Après un long déclin, la pratique semble avoir trouvé un point d'équilibre. Photo Adobe Stock
Après un long déclin, la pratique semble avoir trouvé un point d'équilibre. Photo Adobe Stock

« Des sensations incomparables »

Pour autant, faut-il attraper sa pelle à neige et enterrer son « snow » ? Pas du tout, selon Pierre-André Comtat, référent snowboard et freestyle pour les ESF et qui chausse aussi bien ses skis que son snowboard pour s’amuser l’hiver. « Si on regarde les chiffres, il n’y a pas match entre les deux, avec 7% de nos élèves qui prennent des cours de snowboard. Mais il existe une tendance très positive concernant les sports alternatifs, qui ont le vent en poupe », remarque-t-il. « Depuis quelques années, on note une stagnation de la pratique, mais pas un effondrement. C’est notamment dû au fait que le matériel de ski a évolué et que les skieurs ont aujourd’hui beaucoup d’options notamment pour le hors-piste, ce qui n’était pas le cas avant. Mais je ne suis pas pessimiste pour l’avenir du snowboard, parce que c’est quand même un engin qui donne des sensations incomparables et que cet engouement pour les sports urbains comme le skateboard ou la pumptrack est réel. »

« On sent que ça revient »

Chez Speck Sports, le plus gros distributeur de matériel des Vosges, on observe même un petit regain d’intérêt pour la pratique. « On a vu un gros déclin depuis la fin des années 1990 mais, depuis deux-trois ans, on sent que ça revient. La baisse s’est arrêtée et ça remonte même un peu », observe Alain Speckbacher, gérant de la société. Mais alors, qui sont ces nouveaux pratiquants ? « C’est la génération de ceux qui ont fait du snowboard quand ils étaient plus jeunes, dans les années 1990 et qui ont des enfants aujourd’hui. Paradoxalement, beaucoup avaient arrêté et s’y remettent pour partager ça avec leur fils ou leur fille. »

La caricature du snowboardeur casse-cou a vécu. Photo Shutterstock / Zach Dischner
La caricature du snowboardeur casse-cou a vécu. Photo Shutterstock / Zach Dischner

De nouveaux produits et de nouveaux adeptes

Une tendance que confirme Arnaud Repa, manager de la branche snowboard de la marque Rossignol. « Aujourd’hui, ceux qui font le plus de snowboard sont les 35-40 ans. Mais il y a tout de même 25% des pratiquants qui ont moins de 25 ans, donc il y a un renouvellement de la pratique. » Les progrès faits dans la conception de splitboards, la version snowboard du ski de randonnée (qui représente aujourd’hui 8% du marché), donne également un coup de jeune à la pratique, tout comme les fixations step-in qui permettent de gagner du temps au moment de chausser et déchausser.

Fait insolite, c’est en début de saison qu’on pratique le plus le snowboard selon Arnaud. « On a un taux de pratique très important en début de saison mais qui stagne quand on approche du milieu de la saison. C’est une tendance qu’on observe depuis longtemps. » Si les snowboardeurs sont donc les premiers sur les pistes, ils n’en sont plus tout à fait la terreur. « Il y a 30 ans, on sentait une peur panique du comportement des snowboardeurs », note Arnaud Repa. « Aujourd’hui, les choses ont un peu changé. Le comportement d’un snowboardeur médian est beaucoup plus proche de celui d’un skieur dans l’attitude, l’approche de la montagne et la sécurité, avec beaucoup de pratiquants qui portent un casque. La cohabitation se fait de mieux en mieux. » Heureusement car, selon lui, le snowboard a encore de belles journées de glisse devant lui. 

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