Les dents de la mer avaient éveillé la peur des requins, les spectateurs de The Revenant comprendront le rapport avec l’ours.
Alors quand on lit dans la presse pyrénéenne qu‘un berger aurait été poursuivi par cette imposante silhouette velue rien qu’au début du mois, comment ne pas appréhender la rencontre avec l’ours ?
Si pour certains, c’est une inquiétude diffuse, pour d’autres, une curiosité teintée d’espoir. Car oui, l’ours vit toujours à l’état sauvage en France. Sauf qu’avant de « tomber dessus », il y a quand même quelques précisions à apporter.
Une présence discrète, farouche… et localisée
Déjà, où vivent les ours en France ? En France métropolitaine, l’ours brun n’est présent que dans les Pyrénées, et très majoritairement dans la partie centrale de la chaîne, entre la Haute-Garonne, l’Ariège et les Hautes-Pyrénées. Selon le rapport 2024 du Réseau Ours Brun coordonné par l’Office Français de la Biodiversité (OFB), seuls 96 ours ont été détectés, dont une majorité dans le Couserans et autour de la vallée d’Oueil.
En dehors de cette partie finalement assez restreinte du massif pyrénéen, aucune population sauvage n’est établie dans les Alpes, le Jura, les Vosges ou le Massif central.
Mais surtout, l’ours est un animal discret, craintif, et farouche. Son odorat très développé lui permet de détecter votre présence à plus de 3 kilomètres, ce qui lui laisse tout le temps de se cacher. La plupart des randonneurs qui marchent dans les zones à ours ne croisent… rien du tout. Au mieux, ils repèrent des traces, une crotte ou une empreinte dans la boue. Les spécialistes eux-mêmes peuvent passer des années sans jamais en voir.
L’ours présent dans les Pyrénées est un ours brun (Ursus arctos), la seule espèce sauvage encore présente en France.
Ce n’est donc ni un grizzli comme celui qui attaque le personnage DiCaprio, bien plus massif et potentiellement agressif, ni un ours noir, fréquent en Amérique du Nord.
Risque de rencontre : minime, mais pas inexistant
Comme mentionné précédemment, les faits divers rapportent quelque fois de rencontres entre l’Homme et l’ours dans les Pyrénées mais c’est statistiquement improbable. Le rapport de l’OFB rapporte : « Les comportements agressifs sont statistiquement très rares et se traduisent le plus souvent par des charges d’intimidation sans contact physique entre l’humain et l’ours ».
« Cependant, malgré cette stratégie d’évitement, sa force physique peut le rendre dangereux, comme tout animal domestique ou sauvage de grande taille (ex. cerf, sanglier, vache, bélier), notamment lorsqu’il est surpris à courte distance ou se sent menacé »

Ce qui est recommandé :
En prévention de cela, il faut adopter quelques règles élémentaires si vous randonnez dans une zone à ours, notamment en bivouac :
- Garder la nourriture à distance du campement
- Éviter les zones broussailleuses en contrebas, peu dégagées
- Faire un peu de bruit régulièrement (voix, bâtons)
- Ne jamais chercher à approcher ou à photographier un ours, s’il est repéré
En cas de rencontre fortuite (ce qui est rarissime), il est recommandé de ne pas courir, de rester calme, et de s’éloigner lentement en parlant doucement. L’ours n’est pas un prédateur pour l’homme, et son premier réflexe reste toujours la fuite.