Pourquoi y a-t-il peu d’arbres (et que des sapins) en altitude ?

En parcourant un sentier de montagne, on remarque vite que les forêts s’interrompent brusquement. Au-dessus, le paysage change : herbes rases, fleurs alpines et pierriers prennent le relais.

Cette frontière, que l’on appelle limite supérieure de la forêt ou limite forestière, se situe en moyenne vers 2 000 mètres dans les Alpes, 1 600 mètres dans les Pyrénées, et descend encore plus bas dans les régions polaires ou ventées. En fait Elle n’est pas tracée au cordeau : elle varie selon l’exposition, la pente ou la nature du sol.

Bref, où que l’on se trouve, dans les Alpes ou les Pyrénées, la finalité est la même : l’altitude est défavorable aux arbres, alors pourquoi  ?

Schéma libre de droits. CC.BY.4.0
Schéma libre de droits. CC.BY.4.0
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1 – Le rôle décisif du climat

La première raison est simple : au-delà d’un certain seuil, les conditions deviennent trop rudes pour la croissance des arbres.

Température : ça paraît évident mais la température baisse avec l’altitude. Au-dessus de la limite forestière, la période pendant laquelle les températures sont suffisamment douces pour permettre la croissance est trop courte. Les arbres ont besoin de plusieurs mois sans gel pour former leurs bourgeons et développer leurs feuilles ou aiguilles.

Neige et gel : une couche épaisse de neige persiste parfois jusqu’à l’été, comprimant les jeunes pousses et retardant la végétation.

Vent : plus fort en altitude, il dessèche les tissus des arbres et peut casser leurs branches. C’est pourquoi les terres les plus balayées par les vents sont souvent dépourvues d’arbres, dont l’Irlande est une bonne image.

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2 – Une question d’énergie et de survie

Même les espèces adaptées au froid, comme l’épicéa ou le mélèze, ont besoin d’une certaine quantité d’énergie pour survivre et se reproduire. En altitude, le sol est souvent peu profond, pauvre en nutriments et gorgé d’eau à la fonte des neiges, puis sec en été.

Les racines peinent à s’ancrer et à trouver l’alimentation nécessaire. Dans ces conditions, les arbres cèdent la place à des plantes basses, mieux adaptées pour résister au froid et au vent. Les arbrisseaux comme les rhododendrons ou les aulnes verts prennent parfois le relais dans ce qu’on appelle la zone subalpine.

Mais alors, pourquoi les sapins résistent-ils mieux que les autres ?

Parmi les arbres qui peuplent les montagnes, les sapins (notamment l’épicéa) semblent mieux adaptés aux conditions rudes de l’altitude. Leur forme conique aide à évacuer la neige, limitant le risque que les branches se cassent sous son poids. Leurs aiguilles, étroites et recouvertes d’une couche cireuse, réduisent la perte d’eau due au vent et au froid, un avantage décisif quand la sécheresse hivernale guette.

De plus, les sapins ont un système racinaire capable de s’adapter à des sols souvent pauvres et rocheux, ce qui leur permet de trouver des ressources là où d’autres espèces peinent. Ces caractéristiques expliquent pourquoi, même si les sapins ne montent pas indéfiniment, ils colonisent la zone la plus haute de la forêt, formant souvent la dernière barrière avant la limite forestière.

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