Après un premier et bref passage dans les Alpes, entre Suse (Italie) et Voiron (Isère), en passant par les cols de Montgenèvre et du Lautaret dans les Hautes-Alpes, le Tour d’Espagne est de retour dans la péninsule ibérique depuis le 27 août dernier.
Les coureurs de la Vuelta y ont enchaîné les étapes de montagne et ont déjà traversé les Pyrénées. Mais les étapes les plus difficiles sont encore à venir. Ce vendredi 5 septembre, le peloton sera dans la région des Asturies où se finit la treizième étape au sommet de l’Alto de l’Angliru.
Cette ascension a fait son apparition sur le tracé du Tour d’Espagne en 1999 et a été immédiatement considérée comme une des montées les plus difficiles dans l’histoire des trois grands tours (France, Italie, Espagne).
Alto de l’Angliru, un profil hallucinant
.Si vous ne connaissez pas l’Alto de l’Angliru, voici sa fiche technique selon le site climbfinder.com :
- Altitude au sommet : 1555 m
- Dénivelé positif : +1266 m
- Longueur : 13 km
- Pente moyenne : 9,7%
- 100 m les plus raides : 21,3%
- Indice de difficulté : 1544
L’ascension se fait en deux temps. Six premiers kilomètres une pente irrégulière autour de 7-9%. Et une deuxième partie complètement folle, passant à peine en dessous des 12% et avec cinq passages à plus de 20%.
Est-il possible de trouver une ascension similaire en France ? Nous avons comparé l’Angliru aux cols du Tour de France.
L’indice de difficulté
L’indice climbfinder est peut-être l’élément le plus fiable pour mesurer la difficulté incroyable de l’Alto de l’Angliru. 1544, seulement quelques ascensions en France font mieux. Il y a le col du Galibier (1556) et celui de la Tougnète (1672). Petit frère du col de la Loze, ce dernier est considéré comme l’ascension la plus difficile de France mais la Grande Boucle ne s’y est encore jamais aventurée.
Il est difficile de comparer ces deux cols des Alpes à l’Angliru. Le niveau de difficulté est supérieure mais les ascensions sont beaucoup plus longues (plus de 30 km) et s’achèvent en haute montagne à plus de 2400 mètres d’altitude.

L’altitude au sommet et la longueur de l’ascension
Ce qui interpelle en voyant le profil de l’Angliru, c’est la difficulté sur une montée aussi courte et n’arrivant qu’à 1555 mètres d’altitude. En France, pour trouver l’ascension la plus dure avec un sommet autour des 1500 mètres, il faut prendre la direction du massif du Jura.
Dans l’Ain, le col du Grand Colombier a des points communs avec le terrible col espagnol. Un sommet à 1502 mètres et une montée longue de 13,9 kilomètres depuis Talissieu, le versant le plus difficile.
Mais l’indice du Grand Colombier reste bien en dessous de l’Angliru, « seulement » 1368 contre 1544. La pente moyenne n’est que 9,1% contre 9,7%. Même si le col français est classé hors-catégorie sur le Tour de France, il lui manque les nombreux passages à plus de 20% pour rivaliser avec la terreur des Asturies.
La pente moyenne
C’est le critère qui rend véritablement unique l’Alto de l’Angliru. Sur une distance aussi longue, une pente moyenne à 9,7% et bien plus sur la deuxième partie de l’ascension, cela n’existe pas en France. Sur le Tour de France 2025, le mont Ventoux était le col hors-catégorie le plus raide. Sur 15,7 kilomètres depuis Bédoin, le géant de Provence n’affiche qu’un « petit » 8,8% de moyenne.
Le col espagnol n’a pas d’équivalent en France. Il faut imaginer une montée redoutable avec la longueur et l’altitude du Grand Colombier où il faudrait y concentrer la difficulté du col du Galibier. Une ascension infernale et effrayante. C’est ce qu’est l’Alto de l’Angliru.





