« La folie des virages et le silence de Sarenne » : 2 arrivées à L’Alpe d’Huez sur le Tour de France 2026

L’ambiance est plus que détendue en voiture 1 du TGV de 15h12 au départ de Paris gare de Lyon ce jeudi 23 octobre. Christian Prudhomme vient de présenter la 113e édition du Tour de France (son vingtième en tant que directeur) et, dans le public, Jean-Pierre Barbier (bien qu’évidemment déjà au courant) n’a pu que se ravir de ces quatre étapes qui passeront dans le département de l’Isère qu’il dirige depuis dix ans, en 2026.

Complices, les deux hommes évoquent ce tracé et leur relation, jamais sans une pointe d’humour. À commencer par cette anecdote : « Vous savez quel est notre point commun ? On est nés tous les deux le même jour et la même année (1960). Le 11 novembre tous les ans, c’est au jeu de celui qui appelle le premier. Quand c’est à 6 heures du matin, nos épouses respectives commencent à nous dire : “Ça suffit vos conneries maintenant !” »

Jean-Pierre Barbier et Christian Prudhomme. Photo Le DL/Julien Morin
Jean-Pierre Barbier et Christian Prudhomme. Photo Le DL/Julien Morin

« La double arrivée à l’Alpe d’Huez, par exemple, on avait envie de la faire depuis 2013 »

Jean-Pierre Barbier, c’est un président heureux qui rentre chez lui ?

Jean-Pierre Barbier : « Très heureux, même. On va avoir une année formidable avec le Tour de France en 2026 et ces quatre jours entre Voiron, l’Alpe d’Huez deux fois et Le Bourg-d’Oisans. Des présidents de départements présents à Paris, je ne peux qu’être le plus heureux (rires). »

Quatre étapes passant par l’Isère, c’est du jamais vu…

C.P. : « Nous avons avec Jean-Pierre des relations de confiance qui sont devenues des relations d’amitié, c’est certain. Mais, s’il n’y avait pas un terrain d’expression favorable pour le Tour de France en Isère, on ne ferait pas ça. Quand tu as autant de sommets ici, tu ne vas pas les éviter. La double arrivée à l’Alpe d’Huez, par exemple, on avait envie de la faire depuis 2013. Mais on ne pouvait pas venir à l’Alpe d’Huez sans passer par les vingt et un virages, donc il fallait deux étapes. Et j’adore ce contraste entre la folie des virages et le silence de Sarenne. »

Deux jours à l’Alpe d’Huez : « C’est forcément ça, le final »

Comment en êtes-vous arrivé à proposer quatre étapes en Isère, dont ce double Alpe d’Huez ?

C.P. : « Il y a beaucoup de choses qui entrent en compte. On a eu beaucoup de Haute-Savoie il y a deux ans par exemple, ça dépend des éditions. On a l’hébergement qui est déterminant aussi : à Voiron, autour de Grenoble, c’est facile de trouver ces logements. Moi, dans un premier temps, j’avais mis les vingt et un virages le samedi et Sarenne le vendredi. Mais en fait, ce n’était pas jouable logistiquement. Il y a une question de volonté dans un premier temps, puis la question logistique. »

J-P.B. : « Christian sait que le Tour sera bien accueilli ici. Et puis, il y a la démonstration que l’on aime le Tour, c’est important d’aller là où les gens aiment le Tour. De voir des familles, des gamins, des gens plus âgés émerveillés et passer une super journée… Là c’est quatre, et je suis sûr que les Isérois vont suivre de Voiron à l’Alpe d’Huez. »

C.P. : « Dans la première ébauche de Tour que l’on avait faite, on ne finissait pas par les Alpes, on devait y passer en deuxième semaine et ça aurait sans doute changé des choses. Ce sont les deux jours consécutifs à l’Alpe d’Huez qui nous ont fait dire : ‘‘C’est forcément ça, le final’’. »

La ville de Voiron, candidate de longue date, est aussi à l’honneur avec une arrivée et un départ. L’arrivée de la 4e étape du Tour d’Espagne 2025 a fini de convaincre ?

C.P. : « Je crois avoir donné un coup de téléphone à mon voisin de droite quand la Vuelta cette année voulait arriver en France, dans une ville près d’un aéroport : ça a commencé comme ça. On a vu Voiron, et contacté le maire (Julien Polat). Initialement, sur ce Tour de France, il ne devait pas y avoir une arrivée et un départ à la fois. Mais, moi, je ne connaissais pas Voiron. J’ai vu en août cette église qui a des allures de cathédrale, il y a aussi le prestige de la Chartreuse, le lien avec Tarragone en Espagne… Et donc, pourquoi ne pas en profiter deux jours ? »

« La grande bataille pour le général sera chez nous »

Le Tour de France 2026 se jouera en Isère ?

J-P.B. : « C’est certain que la grande bataille pour le général sera chez nous. On sait qu’on aura les regards braqués sur nous à cette occasion. Pour nous, c’est quelque chose de formidable car ça nous permet de capitaliser : après le Tour, on a énormément d’événements cyclistes dans le département. Le Tour de France permet de créer une ambiance cycliste dans le département et inversement. »

C.P. : « D’ailleurs, il va falloir aller chatouiller les records d’audience télé, là, Jean-Pierre ! »

Le passage du Tour de France en Isère en 2026, en quelques mots ?

C.P. : « Une immense attente. Un rêve en grand. »

J-P.B. : « On l’avait rêvé, on l’a fait. C’est pas mal ça, non ? »

Le Tour de France 2026 en Isère
  • 17e étape : Chambéry (Savoie) - Voiron, le mercredi 22 juillet 2026
  • 18e étape : Voiron - Orcières-Merlette (Hautes-Alpes), le jeudi 23 juillet 2026
  • 19e étape : Gap (Hautes-Alpes) - L'Alpe d'Huez, le vendredi 24 juillet 2026
  • 20e étape : Le Bourg d'Oisans - L'Alpe d'Huez, le samedi 25 juillet 2026

Article issu du Dauphiné Libéré

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