Il faisait beau. Des conditions d’apparence idéales pour tenter cet itinéraire hors piste en dessous de l’Aiguille Rouge, au sommet du domaine des Arcs. Les deux skieurs ont franchi la signalétique indiquant la sortie de la piste avec présence de barres rocheuses et ont entamé la descente. Jusqu’au moment où « c’est devenu très raide et qu’il n’y avait plus de neige », se souvient Philippe Janin, ex-directeur de la sécurité et l’exploitation des Arcs – Peisey-Vallandry.
Heureusement, un drone récemment acquis par la station survolait la zone. Le pilote a repéré les deux bloqués techniques. « Grâce au haut-parleur sur le drone, on leur a demandé s’ils avaient besoin d’aide », relate Philippe Janin. En guise de réponse, un des deux skieurs a exhibé son téléphone avec le message « HELP ».

« Un secours comme celui-là, c’est 4 000 à 5 000 euros »
Près d’une heure et demie d’intervention et un hélitreuillage en milieu escarpé, les deux skieurs s’en sont sortis sains et saufs. Mais avec une facture salée. « Un secours comme celui-là, c’est 4 000 à 5 000 euros », estime Philippe Janin. D’autant que « certaines assurances rechignent à payer parce que la signalétique sur le danger était claire », ajoute Yannick Godel, le nouveau directeur des pistes des Arcs.
Comment justifier un tel coût ? En effet, si les secours sont gratuits en zone montagne, c’est-à-dire loin des domaines skiables, ce n’est pas le cas sur les zones accessibles par gravité depuis les remontées mécaniques. Pour ce cas précis, « un pisteur était mobilisé avec ses jumelles pour guider l’hélicoptère ». Soit 125 euros par heure. Mais ce qui fait exploser la facture est le tarif de la prise en charge par l’hélico qui dépasse la centaine d’euros la minute.
Dans un cadre général, plusieurs critères sont pris en compte dans le tarif des secours. « L’éloignement d’un secours par rapport au front de neige et aussi par rapport au cabinet médical, les moyens mis en œuvre et le temps passé sur place », énumère Philippe Janin. Son successeur à la direction de la sécurité des pistes précise : « Il faut aussi se rendre compte des risques que prennent parfois les pisteurs ».
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Il est important de s’assurer
Sur piste, le prix des secours s’échelonne selon l’éloignement. Sur le front de neige, le transport vous coûtera 77 €*. C’est 258 € en zone rapprochée*. Et jusqu’à 405 € sur une piste éloignée du front de neige*. Ces tarifs ont été votés le 13 novembre dernier en conseil municipal de Bourg-Saint-Maurice – Les Arcs.
D’où le message martelé par Yannick Godel : « Renseignez-vous sur les conditions de remboursement des secours par vos assurances ». Et plus important encore : s’assurer. Pour une famille de quatre aux Arcs, l’assurance coûte 80 € la semaine pour un pack familial classique de forfaits s’élevant à 1 400 €, selon les chiffres d’ADS, société gestionnaire du domaine. De quoi faire réfléchir.
(*) Hors transport par ambulance vers le cabinet médical ou l’hôpital de Bourg-Saint-Maurice.
Article issu du Dauphiné Libéré