Vacances au ski dans les Hautes-Alpes : ces expériences loin du tourisme de masse

Il n’y a pas de règle quand on part en station de ski. Le choix traditionnel de l’hôtel ou du village vacances, plus ou moins haut de gamme selon le budget, n’est une obligation pour personne. Le confort du refuge pour la nuit dépend des attentes de chacun. Depuis plus de 60 ans, à Abriès, au bord du front de neige certains passent leur séjour en camping-car.

À Puy-Saint-Vincent, d’autres ont plaisir à partager une fondue sous un igloo dans la forêt. Sans oublier ceux qui préfèrent prendre de la hauteur et dormir dans une cabane à Saint-Léger-les-Mélèzes. Des sites où le tourisme de masse n’est pas le bienvenu. Où la tranquillité et l’originalité prennent le dessus.

Des camping-cars dans le Queyras

Photo Queyras Caravaneige
Photo Queyras Caravaneige

« Nous sommes uniques en Europe », soutient Régis Sabatier, dit Pilou. L’établissement Queyras caravaneige, planté en face du front de neige du domaine skiable d’Abriès, a tout d’une expérience unique. Depuis 1971, la famille Sabatier exploite un bar restaurant et des emplacements de camping, « toute l’année. Nous sommes spécialisés dans le grand froid, poursuit le gérant. Nous avons un réseau électrique qui permet de résister aux basses températures et aux fortes consommations en électricité ».

Un lieu installé dans le parc régional du Queyras, en pleine nature, où l’on lutte « contre le tourisme de masse. Nous pouvons accueillir une trentaine de camping-cars, mais c’est notre limite ». Alors l’établissement s’adapte financièrement, et refuse « que l’on soit les uns sur les autres. Nous travaillons en famille, et proposons plusieurs activités extérieures au camping et au bar restaurant ». Par exemple, Pilou Sabatier est aussi moniteur de ski.

Une fondue sous igloo à Puy-Saint-Vincent

Photo Sylvain Théobald
Photo Sylvain Théobald

Autre ambiance que la caravane mais même système pour cuisiner. Au frais sous un igloo plutôt que dans un camping-car. Avec un réchaud à gaz, Sylvain Théobald organise pendant l’hiver des soirées fondue sous un abri en neige, construit à la pelle dans la forêt de Puy-Saint-Vincent. « Chaque année, selon l’enneigement on peut le faire plus ou moins tôt dans l’hiver, présente l’accompagnateur en montagne. Depuis quelque temps, c’est impossible pendant les vacances de Noël et on arrive à le construire à partir du mois de janvier ».

Les précipitations de cette année lui permettent d’exploiter un igloo solide depuis plusieurs semaines et pendant encore « au moins une quinzaine de jours si le temps reste assez printanier ». Plus en cas de retour du froid.

La structure est cachée à une quinzaine de minutes en raquettes du front de neige de Puy-Saint-Vincent 1600. « Nous créons un tas de neige, puis je creuse à l’intérieur une fois qu’il est bien tassé », explique l’initiateur de l’activité. Une dizaine de personnes peuvent être accueillies dans cette cabane glacée, pour y partager une fondue.

« Je prépare des gâteaux apéritifs moi-même, et ensuite j’essaie de composer le reste avec des produits du coin, poursuit-il. Les deux fromages que j’utilise viennent de la fromagerie de la Durance et de la ferme de Pralong -devenue ferme des Champs Longs à Val-des-Prés-, le pain de Briançon, la brioche en dessert de Vallouise et les confitures, ce sont les miennes ». Une aventure de plusieurs heures, à proximité du domaine skiable avec « l’impression d’être en pleine nature ». Où l’igloo fait office de restaurant et, le Fontu et la Brunette remplacent les fromages traditionnels de la fondue savoyarde.

Des cabanes perchées à Saint-Léger-les-Mélèzes

Photo Jonathann Dupieux - Alpes Photographies
Photo Jonathann Dupieux - Alpes Photographies

Si la fondue sous igloo ne permet pas de dormir au contact de la neige, les cabanes perchées sur pilotis dans une forêt de frênes le peuvent. À Saint-Léger-les-Mélèzes, quelques centaines de mètres séparent le domaine skiable des Cabanes enchantées. Manon Février et Quentin Jamet exploitent depuis juillet 2025 ce site touristique des Hautes-Alpes. « Nous avons quatre cabanes, avec un spa dans chacune et elles peuvent accueillir quatre à six personnes, présente Manon Février. L’ambiance est magique, avec la neige de cet hiver les personnes qui viennent sont émerveillées quand elles se lèvent et on a la vue sur la forêt et les montagnes ».

Un lieu où la faune sauvage aime se rendre, pour tenir compagnie aux couples, familles et amis ayant fait le choix d’une nuit dans une cabane. « Il y a des écureuils, des renards, des biches, des cerfs et des oiseaux, ce qui rend le lieu unique », complète la gérante. Un plaisir et une nuit insolite, à plus de 200 euros l’expérience.

Article issu du Dauphiné Libéré

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