610 millions d’euros : un plan colossal pour moderniser une des stations les plus hautes des Alpes

Qui gère désormais les remontées mécaniques de Tignes ? C’est une question centrale pour l’avenir de la station savoyarde, qui vient d’opérer un tournant majeur dans l’organisation de son domaine skiable. À partir de 2026, la gestion des installations, été comme hiver, sera confiée à la Société Publique Locale (SPL) Altta dans le cadre d’une délégation de service public (DSP) d’une durée exceptionnellement longue : 30 ans.

Un changement stratégique assumé par la municipalité, qui y voit un levier pour mieux anticiper l’avenir du ski en haute altitude et adapter la station aux enjeux climatiques et économiques des prochaines décennies.

Qui gère les remontées mécaniques de Tignes ?

D’abord l’objet du contrat de délégation de service public (DSP). La commune de Tignes remet à sa société publique locale (SPL) Altta les clés de ses remontées mécaniques pour la gestion de son domaine de montagne. Hiver comme été. « C’est un virage, et même une révolution, qui donne à Tignes les moyens de préparer sereinement son avenir », affirme le maire Serge Revial.

La DSP ainsi votée par le conseil municipal tignard s’étale sur une durée de 30 ans à compter du 1er juin 2026, date de reprise des remontées mécaniques par Altta. Ce qui porte l’échéance de fin de contrat à 2056. « On se met en condition pour pouvoir agir et de nous adapter par rapport à l’inconnu du futur. Qui pourrait dire ce qu’il y aura en 2056 ? Quid des conditions d’enneigement ? », s’interroge Serge Revial.

610 millions d’euros d’investissement sur 30 ans

Parlons gros sous. Le contrat de DSP entre la commune de Tignes et Altta prévoit un plan pluriannuel d’investissement de 610 millions d’euros sur les trente prochaines années. Près de la moitié, soit 315 millions, sera empruntée auprès d’établissements bancaires. « Le reste sera autofinancé », assure le premier adjoint à la mairie de Tignes, Olivier Duch.

Dans le détail, 107 millions serviront au paiement du « droit d’entrée », c’est-à-dire le rachat des remontées mécaniques à la Compagnie des Alpes. Quant aux premiers investissements, ils seront d’abord fléchés sur les remplacements des télésièges de Tichot et de Grand Huit. Au total sur trente ans, environ 500 millions d’euros seront exclusivement alloués aux infrastructures de la station tignarde.

La flexibilité des dates d’ouverture du domaine

Le contrat de DSP ainsi voté assure, selon le maire Serge Revial , « beaucoup plus d’agilité pour faire bouger les dates d’ouverture du domaine de montagne ». Les fondamentaux restent les mêmes : une ouverture hivernale programmée le premier samedi qui suit le 19 novembre et une fermeture le premier week-end de mai. Mais le contrat qui lie Tignes à Altta prévoit plus de flexibilité pour étendre cette ouverture sur les ailes de saison.

Pour l’été notamment, le domaine de montagne sera ouvert de la mi-juin à la mi-septembre. Quant au ski d’été sur le glacier de la Grande Motte, « c’est seulement si les conditions nous donnent la possibilité d’en faire mais aucune exigence d’ouverture minimale », affirme Olivier Duch.

Une ambition environnementale

Avec Altta, « on ne pense pas à demain mais à après-demain ». Les mots d’Olivier Duch font écho à l’ambition environnementale portée par la nouvelle société. Le contrat de DSP impose de mener toutes les actions nécessaires au maintien et à l’amélioration des labels que détient la station de Tignes, comme le Flocon Vert.

Article issu du Dauphiné Libéré

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