Que va changer Altta (Alliance locale pour la transition des territoires d’altitude) pour la station de Sainte-Foy-Tarentaise ? « Pas grand-chose », affirme le maire Yannick Amet à un de ses administrés lors d’une réunion publique le 30 janvier dernier au sujet de la reprise du domaine par une société publique locale (SPL) en 2026.
« On préfère que la totalité de l’argent reste chez nous »
Alors, quels sont les avantages que tire la petite station tarine dans cette action conjointe avec sa grande voisine, Tignes ? Yannick Amet répond sans détour : « On préfère que la totalité de l’argent reste chez nous plutôt qu’il parte ailleurs ». Mais la motivation n’est pas uniquement pécuniaire. « Nos deux délégations de service public se terminent au même moment, en 2026, et nos deux communes sont limitrophes », justifie l’édile. Dernier avantage : la flexibilité permise par un contrat signé avec une SPL dont la commune est actionnaire.
Il s’agit peu ou prou des mêmes arguments avancés deux semaines plus tôt par Serge Revial, maire de Tignes, lors d’une autre réunion publique sur le sujet à destination des Tignards. Pourtant, les implications de ce changement de gestionnaire ne sont pas les mêmes.
Du côté de Sainte-Foy, l’apport au capital social d’ Altta se chiffre à deux millions d’euros. « Il n’y aura pas d’emprunt sur cette partie-là », assure Yannick Amet. Emprunt qui sera nécessaire pour le plan pluriannuel d’investissements (PPI) de près de 25 millions d’euros sur trente ans. Au total, 18 millions seront alloués aux remontées mécaniques dont 13,3 millions pour le remplacement du télésiège Grand Plan par une télécabine.
« Une société, deux contrats »
Mais pas un centime ne sera déboursé pour la reprise des remontées car la commune assure déjà l’investissement dans le cadre de l’actuel contrat d’affermage avec le délégataire, la SFTLD. Seuls 650 000 euros serviront au rachat des autres biens non amortis.
Pour ce plan, « la levée de fonds auprès des banques devrait avoir une issue positive », annonce Nicolas Savelli, conseiller financier chez Stratorial. Et ce dernier de marteler : « Sainte-Foy paye Sainte-Foy ». En d’autres termes, aucun transfert d’argent n’est prévu avec la station de Tignes. « Une société, deux contrats », résume Olivier Duch, premier adjoint à la mairie de Tignes et président du conseil de surveillance d’Altta, présent à la réunion publique. Chacune des entités aura donc sa gestion propre et chaque commune actionnaire bénéficiera de dividendes au prorata de sa participation au capital social. Soit 8 % pour Sainte-Foy.
Enfin, les 54 salariés de la SFTLD pourront voir leur contrat être transféré à la nouvelle société. « Ils garderont les mêmes niveaux de salaires et les mêmes avantages », promet Yannick Amet. Du changement oui. Mais dans la continuité.
Article issu du Dauphiné Libéré





