À chaque fois que le soleil et la neige sont au rendez-vous, le même scénario se dessine au Semnoz : les habitants d’Annecy et des communes alentours chargent leurs skis dans la voiture, se préparent un pique-nique et foncent au sommet de la station profiter du grand air et de la poudreuse. Mais ils sont si nombreux à avoir la même idée que le flux des véhicules, raisonnable jusqu’à 9 heures, se densifie rapidement. Et les parkings, clairsemés au lever du jour, se remplissent à vitesse grand V.
Si bien qu’en milieu de matinée, la circulation est fortement ralentie et plus aucune place de stationnement n’est disponible. Les hauteurs du massif ressemblent alors au centre-ville à l’heure de pointe. Pour endiguer ce phénomène, qui s’est encore produit le 11 janvier dernier, de nombreuses idées ont émergé au fil des ans. Voici lesquelles semblent aujourd’hui les plus à même de se concrétiser.
1. Une télécabine depuis Annecy
Envisagée une première fois au tournant des années 2010, la mise en place d’une télécabine qui transporterait les usagers depuis Seynod vers le Semnoz (sur un tracé de 6 à 7 kilomètres à vol d’oiseau) a de nouveau été étudiée ces derniers mois dans le cadre de l’élaboration du plan de gestion de la station. « Sur le papier, c’est quelque chose qui n’est pas déconnant donc effectivement, on a monté un petit dossier », confirme Frédérique Lardet.
« Cependant, reprend la présidente du Grand Annecy, on s’est vite aperçu qu’en l’état actuel des choses, ça n’était pas jouable. » Et d’évoquer deux obstacles majeurs : l’absence de foncier disponible pour ériger un grand parking-relais à côté de la gare de départ et le coût de l’installation, aussi bien en investissement qu’en fonctionnement. « Pour le moment, on préfère concentrer les ressources de l’Agglomération sur le BHNS et les trajets domicile-travail plutôt que sur le loisir », assume l’élue.
2. Un train à crémaillère
En 1873, l’architecte Marius Vallin, qui vient d’ériger l’hôtel Les Rochers blancs au sommet du Semnoz, imagine la construction d’une ligne de chemin de fer pour relier la ville à la station. Un projet qui n’aboutira jamais mais qui, 150 ans plus tard, continue de faire rêver certains Annéciens. Après tout, un équipement similaire a fonctionné pendant 45 ans entre Aix-les-Bains et le Revard et un autre existe toujours au pied du mont Blanc.
Toutefois, d’après Frédérique Lardet, « les projets de ce type appartiennent au siècle dernier » et ne sont donc plus d’actualité. D’abord pour une question de budget, ensuite à cause d’un potentiel limité en termes de fréquentation. « Un peu comme pour la télécabine, un train exige d’avoir beaucoup de monde dedans toute l’année pour être rentable », décrypte Lionel Tardy, vice-président du conseil départemental. « Or, le Semnoz, ça n’est pas le mont Blanc, surtout en dehors de la saison hivernale qui, au passage, va aller en ralentissant. »
3. Agrandir le parking
« Cette option, c’est non ! », coupe fermement Frédérique Lardet. « En un parce que ça abîmerait le paysage, en deux parce que les terrains qu’il faudrait transformer sont utiles à l’agriculture, et en trois parce que ce serait accepter que tout le monde puisse continuer à venir en voiture au Semnoz. Ce n’est pas ce que nous recherchons. »
4. Fermer la route et mettre en place des navettes
Barrer la route d’accès au Semnoz à partir du moment où le parking est plein ? Et laisser aux gens le choix entre faire demi-tour ou prendre une navette après avoir abandonné leur voiture ? La formule, bien que radicale, a de quoi séduire. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’elle a été étudiée elle aussi. « Mais après analyse, il s’est avéré que c’était impossible », note la présidente de l’Agglomération.
« Cela nous obligerait à bloquer l’ensemble des accès au Semnoz – pas seulement celui qui vient d’Annecy – et il faudrait aussi trouver une façon de laisser passer le trafic de transit », justifie l’ancienne députée. Qui plus est, créer des P + R le long du trajet, ou même au croisement avec la route de Quintal, est matériellement impossible.
5. Rendre le stationnement payant
Cette dernière piste, dans les tuyaux depuis plusieurs années déjà, est celle qui a le plus de chances de se réaliser. Pourquoi pas dès l’hiver prochain. « La fin de la gratuité du parking figure en effet dans le plan de gestion que nous avons adopté en décembre dernier*», signale Frédérique Lardet. Ce qui a conduit à ce choix, c’est la volonté « de dissuader les gens de prendre la voiture tout en favorisant le turnover et en faisant entrer des recettes dans nos caisses », appuie-t-elle. «
Dans le même temps, on renforcera la fréquence des navettes et on les fera s’arrêter au terrain Balleydier, qui deviendra alors un parking relais. » Pour que cela reste financièrement accessible, un couplage entre le billet de car et le forfait de ski est envisagé. « La seule réserve à ce projet, nuance Lionel Tardy, c’est qu’il faudra, conjointement, rendre payant le stationnement le long de la route départementale pour ne pas que les gens se garent n’importe comment et n’importe où. »
* Le document doit encore être validé par le conseil départemental en février.
Article issu du Dauphiné Libéré





