Comment les stations se sont adaptées face aux quantités de neige record cet hiver

Une fois encore, ce jeudi 19 février, la station des Deux-Alpes se réveillait sous un impressionnant manteau neigeux. « C’est comme ça presque tous les jours depuis la mi-janvier, et encore plus depuis début février, observe Nordine Bekka, le directeur des services techniques de la commune. Sur les trois dernières semaines, plus de deux mètres de neige sont tombés. Ça fait plusieurs années qu’on n’avait pas vu ça. »

Cette fois, ce sont près de 30 centimètres qui sont tombés pendant la nuit, en attestent les amas sur les nombreux véhicules garés.

Pour permettre la bonne circulation dans les travées de la station, en pleine période de vacances scolaires, les équipes techniques sont sur le pied de guerre depuis l’aube. Les déneigeuses, tractopelles et autres camions enchaînent les allers-retours entre le cœur des Deux-Alpes et la combe de Vénosc ou bien le lac de la Buissonnière, où sont déversées des tonnes de neige.

« On avait pourtant déjà fait un gros boulot la veille au soir, mais il faut encore tout refaire. On a vraiment l’impression de faire constamment les mêmes actions depuis plusieurs semaines », sourit l’agent technique, avant de reprendre la direction des opérations.

Avec la neige, « on va encore galérer demain pour partir »

En parallèle, la station commence à s’activer alors que l’heure d’ouverture des remontées mécaniques approche. À gauche et à droite de l’avenue de la Muzelle, qui traverse de part en part la commune, les commerçants tentent aussi d’enlever la neige devant leur porte. Mathéo Girard, saisonnier au Skiset Slide Planet, a même sorti la fraise à neige.

« Je n’avais pas d’autre choix au vu de la quantité. Je suis obligé de faire vite, sinon ça devient dur et il faut sortir la pioche, explique le jeune homme. Je ne crois pas avoir vu autant de neige depuis cinq ans. » Comme un jardinier avec sa tondeuse au printemps, il quadrille minutieusement la surface séparant son commerce de la route.

Celle-ci commence d’ailleurs à voir arriver de plus en plus de voitures, qui proviennent de toute la France et même du reste de l’Europe. Maxim arrive tout droit depuis Anvers (Belgique), à bord de son 4×4. Malgré la puissance de son véhicule, il est contraint de s’arrêter sur le côté de la route pour mettre des chaussettes sur les pneus.

« Il y a un peu trop de neige, je ne suis pas sûr de pouvoir remonter sinon », admet le Belge, pendant que c’est finalement son ami Greg qui enfile le dispositif antidérapant. « Tu pourrais quand même m’aider », plaisante celui-ci, venu depuis les alentours de Montpellier (Hérault).

Non loin de là, Simon et Maxime – cette fois avec un “e” – sont aussi un peu en galère. Ils essayent, tant bien que mal, de déplacer leur voiture, immatriculée dans les Pyrénées-Atlantiques, ensevelie sous la neige pendant la nuit. Armée d’une pelle, « généreusement prêtée par un commerçant », Maxime dégage les amas à proximité des roues, pendant que Simon appuie sur la pédale d’accélération.

Cinq minutes plus tard, avec l’aide d’une locale pour pousser, ils finissent par rejoindre… une autre place de parking enneigée. « On va encore galérer demain pour partir », soupirent les deux amis.

« Ne pas confondre les blocs de neige avec des voitures ensevelies »

Cette situation, on la retrouve à d’autres endroits encore de la station des Deux-Alpes. C’est dans ce contexte, avec des voitures et piétons un peu partout sur la chaussée, que Lise Rintaud continue de manœuvrer à bord de son immense déneigeuse, alors que la neige tombe abondement depuis quelques minutes.

« Ce n’est pas forcément facile, mais c’est le métier, affirme la saisonnière. Je suis formée pour et ça fait deux ans que je suis aux commandes, donc je maîtrise. » L’un de ses défis du jour, au vu de la hauteur des blocs de neige, « c’est de ne pas les confondre avec des voitures ensevelies », plaisante la jeune femme de 27 ans.

Ce scénario va se répéter ces prochains jours puisque de nouvelles précipitions sont attendues, après certainement un week-end de chassés-croisés sous le soleil et le ciel bleu.    

Photo le DL Benoit LAGNEUX
Photo le DL Benoit LAGNEUX

Article issu du Dauphiné Libéré

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