« Il n’y a pas d’accident sans vitesse » : sur les pistes, les équipes « ski safe » en première ligne

Depuis deux hivers, un nouveau type de pisteurs sillonne les domaines des 2-Alpes et de l’Alpe d’Huez. Vêtus, comme leurs collègues, de combinaisons marine réhaussées d’une touche orange aux épaules, ce sont les membres des équipes “ski safe”.

« Elles sont composées de pisteurs dotés d’un bon contact client et patrouillent notamment en sensibilisation sur les zones accidentogènes, comme les croisements et les pistes de retours stations », explique Fabrice Boutet, patron de la Sata, l’opérateur des deux domaines. « On fait respecter les règles du bon skieur, en vérifiant que les usagers maîtrisent leur vitesse, qu’ils ne s’arrêtent pas au milieu de la piste ou derrière une bosse, où ils sont peu visibles des autres », complète Nicolas Mathieu, responsable de l’équipe “ski safe” des 2-Alpes.

« Il n’y a pas d’accident sans vitesse »

Ces deux exemples ne sont pas donnés au hasard : ce sont les comportements à risques les plus récurrents sur les pentes. « Il n’y a pas d’accident sans vitesse, c’est le souci principal », résume le pisteur. En plus de la présence humaine, pour inciter les Fangio des pistes à réduire l’allure, « on a créé des chicanes avec des banderoles aux endroits dangereux, comme sur la piste du Signal à l’Alpe d’Huez, ou au Signal de l’Homme, à Auris », illustre Fabrice Boutet.

Autre motif d’intervention pour les équipes “ski safe”, l’absence de casque, dont le port n’est pas obligatoire en France, contrairement à l’Italie, depuis cet hiver. « Skier sans, c’est comme descendre avec du matériel mal réglé, ça revient à prendre un risque qui peut être facilement évité », estime Nicolas Mathieu.

Photo Le DL/Benoît Lagneux
Photo Le DL/Benoît Lagneux

« 18 000 personnes en une heure, sur de la neige dure et des pistes pas prévues pour accueillir tant de monde »

Ces problématiques sont décuplées par l’affluence XXL sur les deux domaines : jusqu’à 29 000 skieurs quotidiens en moyenne à l’Alpe d’Huez en cette seconde semaine des vacances de Noël, environ 18 000 aux 2-Alpes. Une fréquentation source d’embouteillages en fin de journée, quand chacun rentre chez soi.

« Les conditions météo actuelles (au début du mois de janvier) ne nous permettent d’ouvrir que 2 des 5 pistes dédiées au retour station, indique le chef d’équipe “ski safe” bi-alpin. On se retrouve avec 18 000 personnes en une heure, sur de la neige dure et des pistes pas prévues pour accueillir tant de monde et ça crée un sentiment d’insécurité légitime. Alors on insiste pour que les clients redescendent par les télécabines. »

Un effet goulot qui ne s’applique pas qu’à la fermeture des remontées mécaniques : la Sata a constaté que les skieurs ont tendance à rester sur les axes structurants en cœur de domaine, ou sur les pistes qu’ils connaissent. À l’Alpe d’Huez, l’aspect décentralisé du domaine, avec des secteurs excentrés (Villard-Reculas, Oz, Vaujany, Auris), joue presque contre elle.

« Il y a toujours la peur de se retrouver bloqué à l’opposé »

« Il faut une certaine habitude et connaissance pour aller skier de l’autre côté du lieu de résidence, car il y a toujours la peur de se retrouver bloqué à l’opposé », reconnaît Fabrice Boutet. Pour orienter les usagers vers des zones moins fréquentées et/ou plus adaptées à leur niveau, la Sata a donc déployé des équipes dédiées à la gestion des flux. Avec succès, selon son patron : « On commence à voir les gens mieux se répartir. Dimanche par exemple, il y avait 26 000 skieurs, mais ça ne se ressentait pas visuellement ».

Parce que la prévention et la sensibilisation sont l’affaire de tous, la Sata sensibilise en début de saison les socioprofessionnels (hébergeurs, loueurs, écoles de ski) aux bons comportements sur les pistes ; charge à eux d’ensuite diffuser la bonne parole à leur clientèle. Autre initiative, la “ski safe academy”, « pour former les saisonniers de la station aux notions de secourisme, à la gestion d’avalanche… afin de montrer l’exemple par le geste et la parole », complète Nicolas Mathieu. « On organise aussi des sorties premières traces avec des clients, qu’on emmène ouvrir une piste avec nous, pour parler des problématiques de sécurité qu’on peut rencontrer sur le domaine », conclut le pisteur.

Article issu du Dauphiné Libéré

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