Manger face aux Alpes au Semnoz : un restaurant panoramique annoncé pour 2028

Il trône au sommet du Semnoz depuis 1872. Désaffecté depuis janvier 2024, le bâtiment du Courant d’Ère va connaître une seconde vie d’ici trois ans.

L’agglomération du Grand Annecy avait annoncé dès 2023 sa volonté de le réhabiliter. Elle a enfin présenté, mardi 24 février, le projet retenu par le jury du concours de maîtrise d’œuvre. Fin 2028, un ensemble cohérent de trois bâtiments prendra place là où Marius Vallin, il y a 154 ans, a construit le tout premier hôtel de la station. Explications.

1. Une réhabilitation du bâtiment existant

Le concours de maîtrise d’œuvre portait sur une réhabilitation ou une reconstruction du Courant d’Ère. La première solution avait la préférence des élus, qui ne souhaitaient pas voir démolir un « bâtiment iconique », dixit la présidente du Grand Annecy Frédérique Lardet. L’architecte des bâtiments de France (ABF) l’exigeait aussi. Mais la bâtisse, passablement délabrée, semblait difficile à rénover. « On n’y croyait pas », avoue l’élue.

Le projet de l’agence d’architectes lyonnaise Silt de la réhabiliter entièrement, a donc été « une grande surprise » et a emporté l’adhésion unanime du jury. Pour Nicolas Scharff, architecte associé chez Silt, « c’est un bâtiment plus ou moins gracieux, mais la question n’est pas là : il s’agit d’un des plus vieux, si ce n’est le plus vieux bâtiment destiné au tourisme alpin en France, qui a une très grande valeur du point de vue de la mémoire. »

Photo Muriel Rottier
Photo Muriel Rottier

2. Un restaurant de 150 couverts

Historiquement dédié à l’hôtellerie et à la restauration, le bâtiment rénové va garder en partie cette vocation. Il accueillera un restaurant de 50 couverts à l’intérieur et 100 à l’extérieur sur une grande terrasse panoramique en bois aménagée au premier niveau. De bas en haut : au rez-de-chaussée, trois salles hors sac sous la terrasse ; au-dessus, le restaurant et ses cuisines ; et au dernier étage des logements pour les saisonniers. À l’extérieur, les cyclistes disposeront d’arceaux pour leurs vélos, d’une fontaine et d’un point de recharge.

3. Un centre nordique et culturel

Presque accolé au Courant d’Ère, légèrement en biais, un nouveau bâtiment de 350 m² , de plain-pied, va être construit à l’emplacement d’une ancienne bergerie. Provisoirement baptisé “La maison du Semnoz”, il est prévu pour un double usage grâce à des locaux facilement modulables. L’hiver, il hébergera le centre nordique avec quatre salles pour accueillir les groupes (notamment les scolaires), un espace de location de matériel de ski de fond et un vaste espace central.

Hors saison de ski, il se transformera en centre de muséographie et de médiation culturelle, qui proposera des expositions et des animations en lien avec l’histoire et avec l’environnement du Semnoz.

Photo Jennifer Parisot
Photo Jennifer Parisot

4. Un observatoire pour regarder les étoiles

C’est la partie la plus originale du projet. Il sera édifié à quelques dizaines de mètres du Courant d’Ère, à l’emplacement d’une ancienne station météo construite par Marius Vallin. Il sera équipé d’une terrasse et d’une coupole. Son fonctionnement reste à définir, mais il aura vocation à accueillir le grand public pour des sessions d’observation des étoiles.

Le Grand Annecy a travaillé avec le club d’astronomie Tycho Brahé, qui aimerait y installer de manière pérenne la grande lunette datant de 1908 qu’elle a reçu en legs et fait rénover. L’association la déplace sur des événements, mais avec ses 3 mètres de longueur et 150 kilos, « elle a vocation à être à demeure quelque part » souligne Guy Delubac, le président de Tycho Brahé.

5. Pas de nouveau parking et du stationnement payant partout

Avec un centre nordique et culturel et un restaurant de 150 couverts, l’affluence sera au rendez-vous toute l’année au sommet du Semnoz. Pour autant, l’Agglo ne prévoit pas de nouveau parking sur le site. Un choix qui risque de faire polémique, mais que Frédérique Lardet relie à la volonté, inscrite au plan de gestion du massif voté en décembre 2025, de réguler l’accès en voiture au Semnoz en faisant payer le stationnement partout dans la station.

En pratique, des navettes en bus permettront de monter depuis les deux versants jusqu’au sommet et il restera possible de se garer le long de la route en payant. « Le Grand Annecy conventionnera avec les communes pour pouvoir récupérer les recettes de stationnement, ce qui permettra de financer les navettes », explique la présidente du Grand Annecy.

Article issu du Dauphiné Libéré

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