Transition écologique : L’Alpe d’Huez en quête du Flocon vert

Comment réduire l’impact carbone, très élevé, d’une station de ski de renommée internationale ? C’est la question que beaucoup de domaines se posent et que la commune d’Huez a soumise à ses forces vives. Depuis le début d’année, la collectivité s’est lancée, avec son office de tourisme et la Sata, qui exploite les remontées mécaniques, dans la démarche “Flocon vert”, proposée par l’association “Mountain riders”.

L’objectif de celle-ci est d’accompagner les territoires de montagne dans leur transition écologique. Pour obtenir un flocon, gage de son engagement, Huez doit présenter une feuille de route détaillée. 

« Pour que chacun s’approprie le sujet, nous organisons une mini-convention citoyenne, ouverte aux acteurs locaux : socioprofessionnels, résidents permanents et secondaires, membres de l’ESF, guides… », résume Claire Maffey, chargée de mission transition et planification pour la commune, qui ajoute « qu’environ 45 personnes se sont portées volontaires ».

Le chiffre : 196 175

C’est le nombre de tonnes de CO2 émises en 2023 par le territoire d’Huez : collectivités (commune, office de tourisme), remontées mécaniques, secteur du tourisme (socioprofessionnels et visiteurs) et activités locales (habitants et secteur agricole). C’est l’équivalent des émissions de près de 20 000 Français, ou de plus de 32 000 tours de la terre en avion.

Dans le détail, les déplacements des visiteurs représentent l’écrasante majorité des émissions, avec près de 155 000 tonnes, dont la moitié pour les touristes venant en avion. Un chiffre très élevé mais qui ne surprend pas Jérémy Le Moing, de Mountain riders : « La venue en station, c’est un souci partagé par toutes les stations. » Source : bilan carbone du territoire, commandé par la commune.

« Le Flocon vert permet de mettre une dynamique en marche »

Six groupes thématiques ont été constitués (vie locale, patrimoines, ressources, déchets, propriétaires et achats) et chacun devra formuler « trois propositions concrètes et réalistes sur son domaine, poursuit la chargée de mission. On y accolera des indicateurs chiffrés pour permettre un suivi. »

Ce travail, chronophage – il faudra a minima quatre réunions pour arriver à une suggestion – nourrira la stratégie de transition qu’Huez soumettra à “Mountain riders”. « Les préconisations de l’association sont assez génériques », estime Claire Maffey, également référente “Flocon vert” à Huez. « L’idée, avec les propositions des acteurs de terrain, c’est qu’elles soient adaptées aux réalités locales, même si certaines se rejoindront, bien sûr. »

Côté calendrier, si quelques réunions ont déjà eu lieu, le gros du travail se fera au printemps prochain, une fois la saison hivernale et les élections passées, notamment. Les propositions sont attendues pour la fin du printemps, en vue de l’audit de labellisation à “Flocon vert” à l’automne 2026. Un objectif autant qu’un point de départ pour Claire Maffey : « Le Flocon vert permet de mettre une dynamique en marche, mais ce n’est pas une finalité en soi. Il donne un cadre pour réunir les acteurs locaux et échanger. »

Article issu du Dauphiné Libéré

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