Une saison hivernale en légère baisse et de nombreuses interrogations : voilà le bilan que tirent les professionnels du tourisme dans la vallée de Chamonix.
Le cru 2025-2026 semblait pourtant partir sur les chapeaux de roues avec un taux d’occupation en progression de 8 % avant la période des fêtes de fin d’année. Les bonnes vacances de Noël, où la vallée atteint son niveau maximal de remplissage, et un solide mois de janvier ( +2 % de taux d’occupation) ont même longtemps laissé présager d’une année record. Mais les vacances de février en ont décidé autrement avec une baisse de 7,5 % du taux d’occupation par rapport à l’an dernier. « Le calendrier des vacances était cette année très défavorable avec le cumul de toutes les grosses zones de France, Grande-Bretagne, Benelux, Suisse et Allemagne sur les seules semaines 2 et 3 », analyse le directeur de l’office de tourisme intercommunal Nicolas Durochat.
Le cru 2025-2026 semblait pourtant partir sur les chapeaux de roues avec un taux d’occupation en progression de 8 % avant la période des fêtes de fin d’année. Les bonnes vacances de Noël, où la vallée atteint son niveau maximal de remplissage, et un solide mois de janvier ( +2 % de taux d’occupation) ont même longtemps laissé présager d’une année record. Mais les vacances de février en ont décidé autrement avec une baisse de 7,5 % du taux d’occupation par rapport à l’an dernier. « Le calendrier des vacances était cette année très défavorable avec le cumul de toutes les grosses zones de France, Grande-Bretagne, Benelux, Suisse et Allemagne sur les seules semaines 2 et 3 », analyse le directeur de l’office de tourisme intercommunal Nicolas Durochat.
4,5 millions d’euros en moins pour la CMB à cause du mauvais temps
Le taux d’occupation des biens loués de particuliers à particuliers, que privilégient les Français, recule de 10 % durant les vacances de février, quand l’hôtellerie progresse a contrario sur l’ensemble de l’hiver.
Cet hiver à deux vitesses se ressent aussi du côté des remontées mécaniques. Malgré l’excellente période des préventes de forfaits, des vacances de Noël et un mois de janvier réussis, la Compagnie du Mont-Blanc (CMB) a tiré la langue en février. Les dix jours de précipitations quasi continues observées mi-février ont contraint les domaines d’altitude chamoniards à fermer, parfois complètement. « On sait que l’on a perdu un potentiel de 4 millions d’euros de chiffre d’affaires sur nos remontées durant cette période de mauvais temps, confie le PDG de la CMB Mathieu Dechavanne. Et c’est sans compter les 500 000 euros de pertes pour notre activité de restauration d’altitude. »
Malgré le report d’une partie de la clientèle vers le domaine des Houches, qui à ce jour affiche 9 % de progression de son chiffre d’affaires par rapport à l’an dernier, le second opérateur français de remontées mécanique subit ainsi une légère baisse de ses recettes cet hiver (- 1,3 % par rapport à la même date l’an dernier). Mais cet affaissement reste limité et pourrait encore se réduire si, comme la neige, les skieurs sont au rendez-vous jusqu’à la fermeture des Grands Montets le 3 mai.
Les secteurs de l’hôtellerie et de la restauration ne dérogent pas à la règle. « L’hiver s’annonçait excellent jusqu’aux vacances des Parisiens », reconnaît Thomas Barbier, président du Groupement des hôtelleries et restaurations de la vallée de Chamonix. « On a le sentiment qu’il y a eu sur cette période une concurrence féroce des stations de moyenne altitude, plus enneigées que ces dernières années », ajoute le directeur de l’hôtel Heliopic. « En mars, une bonne partie des restaurants de Chamonix ont enregistré une baisse de 5 à 10 % de leur fréquentation. »
Et si l’on ajoute la baisse du ticket moyen dans de nombreux commerces, cette saison qui reste plus que correcte envoie toutefois des signaux inquiétants. Les professionnels craignent ainsi que la perte de pouvoir d’achat des Français issus des classes moyennes impacte fortement la saison d’été à venir.

Outre la baisse de la clientèle française depuis plusieurs hivers, la capitale de l’alpinisme craint aussi de perdre une partie de ses visiteurs étrangers.
Depuis longtemps, l’office de tourisme ne démarche plus les touristes venus d’Asie ou du Moyen-Orient. Ils ne représentaient d’ailleurs que 4,5 % de la clientèle de Chamonix l’hiver dernier. Malgré tout, ces visiteurs venus d’eux-mêmes par effet de mode apportent toujours du beurre dans les épinards pour tous ceux qui vivent ici du tourisme. Le conflit en cours au Moyen-Orient et ses conséquences sur le trafic aérien pourraient donc avoir un impact non négligeable jusqu’au pied du mont Blanc.
D’abord parce qu’il priverait la vallée de quelques touristes aisés et dépensiers. « Pour le moment, nous n’observons pas tellement d’annulations dans nos réservations », tempère toutefois le président du Groupement des hôtelleries et restaurations de la vallée de Chamonix. Il faut dire que le début de la guerre menée par Israël et les États-Unis en Iran s’est déroulé pendant le mois de Ramadan, durant lequel la clientèle des pays musulmans ne voyage que très peu.
Les tensions au Moyen-Orient pourraient cependant avoir des répercussions bien plus importantes sur l’économie touristique de la vallée durant la prochaine saison estivale si l’on considère la baisse du pouvoir d’achat qu’engendre, déjà, la flambée des prix des hydrocarbures.
Un point de vigilance qui poussera peut-être la vallée à redoubler encore d’efforts pour attirer la clientèle de proximité, dont l’impact environnemental s’avère aussi bien meilleur pour la planète.
Article issu du Dauphiné Libéré