Vélo dans les Pyrénées : Peyresourde, un col au programme du Tour 2025

Il y a des routes qu’on reconnaît sans les avoir jamais empruntées.

Dans les Pyrénées, celle du col de Peyresourde serpente depuis plus d’un siècle au cœur des étapes du Tour de France. Et cette année encore, les coureurs la graviront. Mais ce sont aussi les amateurs qui s’y frottent, à la force du mollet, pour découvrir un versant historique et un autre plus sauvage.

Une route, deux approches

Le col de Peyresourde (1 569 m) relie deux vallées : celle de Luchon, en Haute-Garonne, et celle d’Arreau, dans les Hautes-Pyrénées. Il fait partie des cols pyrénéens les plus accessibles d’un point de vue routier, mais cela ne veut pas dire qu’il est facile.

Depuis Bagnères-de-Luchon, l’ascension est longue de 13,6 km pour une pente moyenne de 7 %. Elle débute presque en ville, passe rapidement en sous-bois, puis se déploie en lacets plus ouverts sur les hauteurs. L’effort est constant, régulier, sans surprise – mais il use.

Depuis Arreau, le versant est légèrement plus long (14,5 km) et un peu moins pentu (6,5 % en moyenne). On y traverse les forêts d’altitude avant d’émerger sur des prairies plus dégagées dans les derniers kilomètres.

Dans les deux cas, la montée est progressive. Pas de ruptures brutales, mais pas de répit non plus. Et ce n’est pas un hasard si le col est classé en catégorie 1, soit le plus haut niveau de difficulté avant les fameux cols « hors catégorie ».

Un monument du Tour

Il est entré dans l’histoire du Tour de France dès 1910, dans l’étape mythique où les coureurs devaient franchir l’Aspin, le Tourmalet, le Peyresourde et l’Aubisque. Depuis, le col a été traversé plus de 60 fois, toujours dans des étapes de montagne charnières.

En 2023, il avait joué un rôle majeur dans la prise de pouvoir de Jai Hindley, vainqueur à Laruns après avoir lâché ses rivaux dans les pentes du col.

En 2025, il est à deux doigts de revenir doublement au programme. Lors de la 13e étape, il sera partiellement grimpé dans un contre-la-montre individuel entre Loudenvielle et Peyragudes : 11 km d’effort solitaire avec une pente moyenne de 7,9 %.

Le lendemain, la 14e étape reliera Pau à Luchon-Superbagnères en passant cette fois vraiment par le col, enchaîné avec l’Aspin et le Tourmalet. Deux jours de montagne où le classement général pourrait basculer.

Col de Peyresourde
Col de Peyresourde

Gravir le col aujourd’hui

Pour un cycliste amateur, le col de Peyresourde reste un défi abordable, à condition d’adapter son rythme. L’absence de rupture de pente en fait un col « linéaire », où il faut trouver son allure et s’y tenir. Le goudron est bon, les lignes droites permettent de gérer l’effort, et les lacets aèrent la progression.

La période idéale pour s’y mesurer s’étend de mai à octobre, avec un enneigement tardif sur les hauteurs et des chaleurs modérées même en été. On peut s’y aventurer avec un vélo classique, mais les moins entraînés préfèreront un vélo à assistance électrique.

Le passage des voitures, relativement fréquent en saison touristique, invite à partir tôt le matin. Et pour ceux qui veulent éviter l’aller-retour, il est possible de faire une boucle en intégrant le col d’Azet, ou de basculer vers le Port de Balès, plus exigeant.

Et après la pente ?

On trouve au sommet un petit parking, un panneau pour la photo souvenir, et une buvette devenue presque légendaire. Pas pour son café, mais pour ses crêpes aux myrtilles, servies depuis des années à la volée aux cyclistes de passage. Un classique.

De là, la descente vers Loudenvielle est rapide, fluide, avec vue plongeante sur le lac de Génos. Côté Luchon, on file à travers les lacets dans la forêt, jusqu’à rejoindre les avenues de la ville thermale, lieu d’arrivée de nombreuses étapes du Tour.

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