Moniteurs de l’ESF : ils enseignent le ski l’hiver, changent de vie l’été

De la fenêtre de son salon à Allemond, Laurence Calvi, 58 ans, a une vue directe sur son “bureau de travail”. Là-haut, la station de Vaujany-Alpe d’Huez. « J’ai commencé ma première saison de monitrice de ski en 1988. L’année suivante, je suis venue ici et j’y suis restée », confie-t-elle. Sur sa veste, la médaille, qui atteste de son diplôme, porte le numéro 12 672. Elle a vu plusieurs générations défiler sur les pistes : « J’ai eu des petits qui sont devenus parents. Maintenant, j’ai leurs enfants. »

Ce qui l’anime avant tout dans ce « métier passion », c’est l’enseignement du ski auprès des plus jeunes. L’été, Laurence a aussi une vue directe sur les pistes. Cette fois, en hauteur. Elle est gardienne du refuge de La Fare, à 2 280 mètres d’altitude, dans le massif des Grandes Rousses, en face de Belledonne. « On reste en montagne mais l’approche et la vision sont différentes. On va dire que le métier est plus sauvage par rapport à l’hiver », souffle-t-elle.

Laurence Calvi. Photo Le DL/Anouk Anglade
Laurence Calvi. Photo Le DL/Anouk Anglade

« Passer mes hivers en pratiquant ma passion »

Le métier de moniteur ne connaît pas de crise de vocation, comme en témoignent les 451 nouveaux diplômés recevant, le 20 novembre dernier, leur pull rouge et leur médaille. Valentin Levert, 23 ans, fait partie de cette nouvelle génération. Originaire de Haute-Savoie près d’Annecy, il était en ski-club.

Quand est venu le choix de l’orientation professionnelle, il a d’abord observé ses entraîneurs : « Je me suis dit que, comme eux, j’aimerais bien passer mes hivers en pratiquant ma passion et en étant tout le temps dehors. À 17 ans, c’était assez évident pour moi. »

« Il faut toujours se remettre en question »

Pour lui, « c’est un métier où il faut toujours se remettre en question et essayer de faire de mieux en mieux ». Il sait qu’il peut compter sur l’expérience de ses collègues, comme Laurence, à l’ESF de Vaujany. En dehors de la saison hivernale, le jeune Haut-Savoyard a choisi d’être charpentier : « J’adore ces deux métiers et c’est bien de changer durant l’année. »

Selon une enquête menée cette année par le syndicat national des moniteurs de ski et Ipsos auprès de 7 735 moniteurs, 52 % mènent au moins une autre activité depuis plus de dix ans.

Une diversité qu’apprécie Anouk Perret, 32 ans, fille de moniteur. En dehors de l’apprentissage du ski, la trentenaire est bergère dans l’Oisans : « Ce sont deux choses complètement différentes qui me plaisent. » Julien Morel, 48 ans, est, lui, guide de haute montagne quand il enlève son pull rouge. Une manière, pour lui, de ne pas avoir la même approche des sommets selon les saisons.

Article issu du Dauphiné Libéré

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