Entre deux classiques du printemps et les étapes décisives du Tour, les meilleurs coureurs du peloton partagent souvent les mêmes lieux d’entraînement : Teide, Sestrières, Tignes ou Isola 2000.
Pourquoi cet engouement pour les sommets ?
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L’altitude, un boost légal pour les performances
Passer plusieurs jours au-dessus de 2 000 mètres oblige le corps à s’adapter. L’air y est moins riche en oxygène jusqu’à -20 % par rapport au niveau de la mer, et le corps répond à ce stress en augmentant sa production de globules rouges. Ces cellules servent à transporter l’oxygène vers les muscles : plus elles sont nombreuses, plus les capacités d’endurance peuvent s’améliorer.
Ainsi, les séjours en altitude agissent comme un boost naturel. La hausse de l’hémoglobine, à plus de 2 500 mètres, peut atteindre 5 %, avec des bénéfices visibles pendant plusieurs semaines après le retour en plaine.
Trop haut : les effets inverses
À partir d’un certain seuil, l’effet bénéfique s’inverse. Séjourner trop longtemps en altitude, ou à des altitudes trop élevées (au-delà de 3 000 voire 4 000 mètres), expose à des risques bien connus : fatigue chronique, fonte musculaire, troubles du sommeil et baisse générale des performances.
Les muscles, en manque d’oxygène, peuvent finir par s’atrophier. Le système immunitaire s’affaiblit. Le risque de blessure augmente. Et la déshydratation devient une menace constante. L’altitude, en excès, peut donc nuire aux capacités sportives plutôt que de les améliorer.
C’est pourquoi les programmes les plus efficaces suivent aujourd’hui le principe du “live high, train low” : vivre en altitude pour stimuler l’organisme, mais s’entraîner à des altitudes plus basses afin de maintenir une intensité suffisante à l’effort. Ce modèle vise à éviter le piège d’un entraînement ralenti, qui serait contre-productif malgré l’effet bénéfique sur les globules rouges.

La différence entre optimisation et dopage
Sur le plan règlementaire, les séjours en altitude ne sont absolument pas considérés comme du dopage. Aucun organisme n’interdit les stages en montagne ni l’usage des chambres hypoxiques.
Si le sport interdit l’EPO synthétique, il valorise les stratégies qui en reproduisent les effets mais naturellement. Et ce n’est pas un détail puisque plusieurs équipes investissent des fortunes dans ces stages ou dans des simulateurs d’altitude à domicile. Les fameuses tentes hypoxiques ou chambres pressurisées permettent de « dormir à 2 500 mètres » tout en restant chez soi.
On parle donc de technologies qui prêtent plus sujet à polémique, puisqu’il s’agit là de technologies onéreuses que seuls ceux qui en ont les moyens peuvent s’offrir et qui n’ont pas l’aspect naturel des stages.