« Oh, une marmotte là-bas ! Je peux aller la toucher ? » Qui n’a jamais entendu cette phrase lors d’une randonnée estivale en montagne ? Il est vrai qu’avec leur petite bouille attendrissante, la tentation peut être grande de vouloir approcher les marmottes pour les caresser ou faire la photo qui fera le buzz sur les réseaux sociaux.
Mauvaise idée ! La marmotte, aussi choupinette soit-elle, ne doit pas être dérangée. « Elle est plus ou moins habituée à la présence humaine, notamment sur certains secteurs très fréquentés. Malgré tout, ce n’est pas un animal domestique, mais bien une espèce sauvage », rappelle Audrey Previtali, animatrice à la maison du Parc national de la Vanoise à Rosuel.
D’ailleurs, son cri si distinctif (et non un sifflement) n’est pas une façon d’attirer le regard des promeneurs ou d’amuser la galerie. Il s’agit surtout de diffuser un message d’alerte à ses congénères. « Lorsqu’elles ont peur, les marmottes poussent deux cris bien différents : l’un pour annoncer qu’un danger vient du sol et l’autre pour un danger qui arrive du ciel ».
Moins on dérange la marmotte, mieux elle se nourrit
Il est donc déconseillé de courir vers elles ou de les approcher de trop près. En effet, lorsqu’elles sont stressées, les marmottes vont se cacher dans leur terrier. Pendant ce temps, elles ne vont pas chercher de la nourriture. Conséquence : elles risquent de manquer de graisses pour passer l’hiver : « Lorsque la marmotte hiberne, elle reste six mois sans manger. Elle ralentit sa respiration et son rythme cardiaque. Sa température passe de 36 °C à 4 °C. Il lui faut donc assez de réserve graisseuse pour survivre jusqu’au printemps. Or, le manque de réserve peut conduire à la mort ». En résumé : moins on dérange la marmotte, mieux elle se nourrit et mieux elle résiste à l’hiver.
Autre pratique à bannir : donner aux marmottes ses restes de pique-nique. Morceau de pain ou de jambon, chips, barres de céréales, fromages, fruits ou chocolat… oubliez tout ça ! Trop gras, trop sucrés… ces petits cadeaux peuvent être dangereux pour leur santé. Bien que gourmandes, ces petites boules de poil ont un métabolisme fragile : « Ce sont des animaux herbivores avec un régime alimentaire strict : elles mangent quasi exclusivement de l’herbe ou des fleurs. Si on leur donne des aliments qui ne font pas partie de leur régime, elles ne vont pas avoir les bonnes réserves de graisse pour faire face aux six mois d’hibernation ». Sans parler d’éventuelles maladies qu’elles pourraient développer comme le diabète. N’essayez pas non plus de lui donner de l’eau : la marmotte ne boit pas. « Elle s’hydrate uniquement avec la rosée et avec l’eau présente dans les plantes » explique Audrey Previtali.
« Elles peuvent être très méchantes entre elles »
Sous ses airs innocents, la marmotte n’est pas si douce qu’elle n’y parait : « Elles peuvent être très méchantes entre elles. Elles se combattent à mort pour préserver leur territoire ». Avec les humains, elles ne sont généralement pas agressives. Mais elles peuvent mordre pour se défendre si elles se sentent menacées. Étant un rongeur, elle dispose de dents robustes et de griffes puissantes. Donc là encore, venir la taquiner ou lui donner à manger est à vos risques et périls. Ça serait dommage de gâcher vos vacances à cause d’une vilaine morsure.
Finalement, le message est simple : n’essayez pas d’apprivoiser les marmottes. Laissez-les vivre leur vie, observez-les à bonne distance sans les embêter. Et si l’envie de cajoler une marmotte reste trop forte, achetez une peluche !
Article issu du Dauphiné Libéré


