Climat : ce que la glace du dôme du Goûter nous apprend sur 12 000 ans de passé

La glace révèle les secrets de notre passé climatique grâce aux particules qu’elle renferme. Des scientifiques français, allemands et américains ont analysé une carotte de glace prélevée en 1999 sur le dôme du Goûter, à 4 300 mètres d’altitude. Ils l’ont sorti de la chambre froide 26 ans après et ont publié leurs résultats dans la revue PNAS Nexus en juin 2025.

Ce cylindre glacé long de 38,5 mètres « fournit un enregistrement stratigraphique intact des aérosols et du climat remontant à au moins 12 000 ans avant notre ère », indiquent les chercheurs. Les chercheurs notent tout d’abord une concentration de sels marins jusqu’à 49 fois supérieure durant la dernière glaciation par rapport aux niveaux observés durant la période climatique actuelle, l’Holocène, qui a débuté il y a 12 000 ans. Cela indique de forts vents d’ouest depuis l’Atlantique. Cette observation permet de retracer précisément l’histoire climatique.

Photo Le DL/Antoine Chandellier
Photo Le DL/Antoine Chandellier

Une carotte de glace pour analyser le climat européen

Les chercheurs observent aussi des variations importantes de particules biogéniques, liées aux végétaux, qui correspondent aux fluctuations de la couverture végétale européenne. Cette dernière s’épand et se réduit en fonction du climat et de l’activité humaine (sédentarisation, apparition de l’agriculture…)

Comparé aux glaces des pôles ou de Groenland, le dôme du Goûter est situé plus proche des sources des particules (Océan Atlantique, Sahara). Cette carotte de glace est donc plus représentative pour analyser le climat européen, quoique moins longue donc moins ancienne.

L’étude de terrain menée sous l’égide de Michel Legrand, de l’Institut des géosciences de l’environnement de Grenoble, souligne que les simulations précédentes ont sous-estimé les variations de particules dans l’atmosphère au cours des siècles. Or, « les aérosols de sel marin réfléchissent directement le rayonnement solaire vers l’espace et, comme ils sont solubles dans l’eau, ils influencent le climat en modifiant la taille des gouttelettes des nuages », indiquent les chercheurs. Ces résultats permettront ainsi des projections climatiques plus précises à l’avenir.

Article issu du Dauphiné Libéré

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