Ski de printemps : les bons réflexes pour éviter les avalanches de fonte

La saison du ski de printemps est bel et bien lancée. Sur les pistes, la neige est gorgée d’eau. La fameuse « soupe » est servie aux skieurs.

Selon Frédéric Cabot, prévisionniste nivologue à l’antenne savoyarde de Météo France à Bourg-Saint-Maurice, « les températures du week-end de Pâques ont été dignes de normales de fin juin ». C’est dire l’aspect exceptionnel de la chaleur observée en Pays de Savoie.

En plaine, le record a été observé à 26,5 °C à Montmélian et Challes-les-Eaux dimanche 5 avril. Côté Haute-Savoie, 25,8 °C ont été enregistrés à Contamine-sur-Arve. En altitude, les maximales ont oscillé entre 9 °C sur le front de neige de Tignes, 11 °C à Flaine, 15 °C à Avoriaz et 17 °C à Valloire.

Photo Thierry Guillot
Photo Thierry Guillot

« La chaleur vient humidifier le manteau neigeux »

Le redoux ainsi observé a des conséquences sur le risque avalanche des massifs. « La chaleur vient humidifier le manteau neigeux, ce qui peut provoquer des coulées qui se déclenchent naturellement. C’est ce qu’on appelle des avalanches de fonte », explique Frédéric Cabot.

Le prévisionniste nivologue a été informé de départs spontanés de coulées, notamment sur les versants orientés plein est dans la matinée du lundi 6 avril. « Ce sont les premières faces exposées au soleil le matin. En Tarentaise, il n’y a pas eu de regel la nuit en raison de nuages et d’orages donc ça favorise les départs », précise Frédéric Cabot. Selon ce dernier, les coulées n’ont pas été très importantes.

Le risque avalanche reste limité à 2 sur 5 sur l’ensemble des massifs de Savoie et Haute-Savoie selon le dernier bulletin d’estimation du risque avalanche (Bera) de Météo France.

« Les couches fragiles formées en décembre sont actuellement enfouies »

En revanche, le pire serait à venir. Comme le craint le prévisionniste, « les couches fragiles formées en décembre sont actuellement enfouies mais quand elles ressortiront, cela pourrait créer une crue avalancheuse ». À savoir, une multitude d’avalanches déclenchées naturellement sous l’effet de la fonte de la neige. Selon Frédéric Cabot, tout dépend du temps nocturne : « S’il y a des nuits claires, le regel pourra s’opérer. En cas de nuages, le cycle regel/dégel s’interrompt. Cela peut générer de l’instabilité. »

Frédéric Cabot recommande donc aux amateurs de hors-piste de ne pas s’engager dans des pentes avec de la neige gorgée d’eau et de « partir très tôt le matin ». Et toujours avec le triptyque détecteur victime d’avalanche (DVA), pelle et sonde.

Article issu du Dauphiné Libéré

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