« Faire du neuf avec du vieux » : que recycle-t-on vraiment d’une remontée mécanique ?

Indispensables de la structure d’une remontée mécanique, les pylônes font partie des éléments réutilisables. « Les massifs – fondation en béton – sont toujours neufs, c’est normal, explique Yves Dimier, vice-président de Domaines Skiables de France. S’agissant du pylône en lui-même, tout dépend de la génération. Certains ne sont pas réutilisables car ils ne répondent plus aux normes actuelles. Mais en général il n’y a pas de problème et ça représente beaucoup d’acier. » Et l’important dans le réemploi d’un tel ouvrage, c’est de récupérer de l’acier.

Après les pylônes, il y a les gares, de départ et d’arrivée. « Ce sont des gros morceaux, qu’il est utile de reprendre. Dans une gare, il y a l’équipement et beaucoup d’éléments utiles : des poulies des pneus, etc. » Pour rallier les deux stations, il faut un câble. « Il est souvent opérationnel, mais ça dépend toujours de son état d’usure. »

Et pour s’asseoir, des sièges. Qui ont souvent le droit à un nouvel habillage côté mousse, mais sont conservés sur la partie métallique. Subtilité, à la tête de l’assise, une pince. « Élément principal de sécurité, il faut toujours la changer. »

Photo Le DL/Louise Raymond
Photo Le DL/Louise Raymond

« C’est vertueux »

Le reconditionnement, comme pour une paire de skis, ne se limite pas à un coup de propre. D’une station à l’autre, on ne replante pas le télésiège à l’identique. Et c’est tout à fait normal, c’est l’essence même de la seconde main.

Désormais répandue, l’opération de réemploi a sans aucun doute des atouts non négligeables pour les acteurs économiques. « C’est vertueux, les exploitants sont les premiers impactés par le réchauffement climatique, ils sont engagés dans cet effort de réduction des émissions de gaz à effet de serre, explique Yves Dimier. Les marques jouent également le jeu, il n’y a plus de réticence. L’expérience permet aujourd’hui d’écarter les doutes sur l’opportunité de ce marché. Les fabricants ont compris que c’était une question sociétale, que c’était une obligation de le faire. La contrainte, c’était de faire du neuf avec du vieux ».

À titre économique, on parle de 30 % de réduction du coût par rapport à un achat neuf. « C’est un ordre d’idée, car chaque cas est différent. Il y a beaucoup à faire pour s’assurer que la machine est conforme. La règle d’or, ça reste la sécurité des usagers ».

Article issu du Dauphiné Libéré

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