La montagne et le ski ont encore de beaux jours devant eux. C’est en tout cas la conviction des professionnels français du secteur à la lumière des derniers chiffres de la saison 2024/2025 dévoilés lors de cette huitième édition des assises nationales des stations de ski et du tourisme en montagne, à Chambéry.
L’observatoire national des stations de montagne “SkiDebrief/Alpipro/USC” note une hausse de 7 % au global de l’activité, par rapport à 2023/2024, toutes filières confondues, sur l’ensemble des massifs de l’hexagone.
Savoie, Haute-Savoie, Isère et Drôme connaissent une croissance de 4 % de leur activité, les Alpes du Sud 6 % et le Jura 3 %. Le nord du massif des Vosges et les Pyrénées connaissent des progressions de 32 % et 31 %.
Un taux de remplissage de 71 %
Sur le volet nuitées on note une stabilité des taux de remplissage des hébergements , par rapport à la saison dernière, avec un taux de remplissage de 71 %. « C’est un très bon résultat, estime Patrick Provost, président de l’Observatoire national des stations de montagne. On a démarré les vacances de Noël et du Jour de l’an de très belle manière avec des chutes de neige très importantes sur tous les massifs. »
Sur l’ensemble de la saison la clientèle est à 70 % française contre 30 % étrangère. Cependant, et c’est bien ce paramètre qui fait de 2024/2025 une très bonne saison, c’est la clientèle étrangère qui tire à la hausse les revenus des stations. Là où la présence des hexagonaux reste stable. « Il y a une augmentation non négligeable de celle-ci en provenance d’Europe de l’est et hors d’Europe, des clientèles qui avaient marqué le pas lors de précédentes saisons », précise le président de l’Observatoire national des stations de montagne.
La clientèle nord-américaine est annoncée par exemple en augmentation de 26 %. « On a vu que les Américains montaient mais aujourd’hui la clientèle française est là et bien là, martèle Anne Marty, présidente des Domaines skiables de France. On a des gens qui sont revenus au ski par les petites stations de proximité. Quelqu’un qui veut skier pour moins de 25 euros la journée il va trouver une station pour. » La fréquentation des domaines skiables est annoncée en augmentation de 4 % par rapport à la saison dernière. L’ESF (NDLR, École du ski français) voit ses heures de cours progresser de 2 % au national avec, fait inédit, les heures de cours particuliers qui dépassent désormais celles des cours collectifs en 2025.
« Je suis très confiant pour l’avenir. Malgré ce qu’on dit, ça ne va pas si mal que ça, les chiffres le disent »
Seule ombre au tableau qui a empêché la saison 2024/2025 d’établir un record absolu en fréquentation et activité : la fréquentation du mois de mars. « Le mois de mars ne fait que dégringoler, on a une perte de 30 % d’activité entre 2022 et 2025, on peut parler d’un effondrement », juge la présidente des Domaines skiables de France.
Ce loupé répété du mois de mars a beaucoup alimenté les conversations. Certains y voyant une simple cyclicité, avec des célébrations de Pâques ou du mois de Ramadan qui bougent chaque année, pendant que d’autres ont regretté une dévalorisation de l’offre du “ski de printemps”. Les consommateurs seraient ainsi tentés de jouer la sécurité en venant plus en janvier et moins en mars, par crainte du manque de neige. « On a vu la bascule depuis l’après Covid avec des parents qui préfèrent être présents en janvier, déscolariser leurs enfants pendant le séjour, tout en faisant du télétravail. Ça n’est pas un épiphénomène c’est quelque chose qui perdure », a pointé la patronne des domaines skiables.
Un bilan français des massifs alpins qui avaient donc de quoi rassurer les élus de montagne, exploitants de remontées mécaniques et professionnels du tourisme. « Je suis très confiant pour l’avenir. Malgré ce qu’on dit, ça ne va pas si mal que ça, les chiffres le disent », rappelait Eric Brèche, le président du syndicat national des moniteurs de ski français.
À l’heure des tensions géopolitiques, dans un monde de plus en plus incertain et instable, la montagne française a voulu rappeler que pour elle en tout cas, ça ne va pas si mal.
Article issu du Dauphiné Libéré


