L’espoir à l’Alpe du Grand Serre : « Tout faire pour garder cette station ouverte »

La pancarte a été accrochée à quelques pas des caisses des remontées mécaniques. Un “Merci” et “Une nouvelle saison grâce à vous” s’affichent en blanc. Certains skieurs s’arrêtent, jettent un œil avant de retourner prendre le télésiège de La Blache. En ce vendredi (le 3 janvier dernier) de fin de vacances, il permet de sortir d’un brouillard épais pour atteindre, plus haut, un soleil éclatant. Métaphore des derniers mois dans ce coin de Matheysine.

Considérée comme la plus grande des petites stations, avec son domaine qui oscille entre 1 300 et 2 200 m d’altitude, l’Alpe du Grand Serre avait la tête dans la brume à l’automne. Les déficits chroniques des remontées mécaniques (350 000 euros encore l’hiver dernier) avaient fini par convaincre les élus de la communauté de communes de la Matheysine de dire stop aux renflouements annuels.

Une mobilisation citoyenne, l’abnégation des élus du village de La Morte mais aussi de certaines entreprises, associés à un projet d’exploitation du domaine par Sata Group (qui gère notamment l’Alpe d’Huez ou Les Deux-Alpes) ont permis d’acter en dernière minute un deuxième vote communautaire pour laisser un hiver de sursis dans la station.

« Tous les voyants sont au vert »

Objectif : laisser quelques mois aux différents acteurs pour se retourner et préparer l’après-ski. Mais à la sortie de vacances plus que réussies -à l’image de l’ensemble des domaines isérois – la volonté de prolonger au-delà de ce seul hiver commence à prendre un peu plus de poids. « On va finir ces vacances à plus de 10 000 clients, c’est 15 % de plus qu’en 2021-2022, qui était une référence pour la station », indique Frédéric Forte, de Sata Group, avant d’ajouter : « Tous les voyants sont au vert. »

Sur les pistes, il y a ceux qui ne savent rien du parcours chaotique de la station. Et puis il y a les autres. À l’image de Maëlle. La famille possède ici une résidence secondaire depuis plusieurs années. Elle s’est investie dans le collectif La Morte Vivante pour tenter de sauver les remontées mécaniques. « On savait qu’il y avait un risque de fermeture. Alors oui, il y a eu une grosse émotion quand on est arrivé, quand on a vu qu’on allait pouvoir skier. Regardez, c’est magnifique… », souffle-t-elle, en balayant du regard le paysage.

« Quand on a dit que ça fermait, j’en ai pleuré toute une journée »

Le vent du nord balaie les pistes enneigées et éloigne un peu le spectre de la fermeture en fin d’hiver. Dans la tête des locaux, du moins. « Quand on a dit que ça fermait, j’en ai pleuré toute une journée », souffle une des pisteurs de la station, face au domaine. « Il faut que ça continue. Ça doit continuer. »

Plus bas, chez lui, le maire Raymond Maslo, a le sourire de celui qui veut y croire. « Ce n’est pas un bras de fer avec la Communauté de communes. Mais on va faire tout ce qui est en notre pouvoir pour garder cette station ouverte. On y croit, on ne va rien lâcher ».

Article issu du Dauphiné Libéré

PARTAGER
Découvrez nos lectures liées
Restez informé, suivez le meilleur de la montagne sur vos réseaux sociaux
Réserver vos séjours :
hébergements, cours de ski, forfaits, matériel...

Dernières actus