Les prévisions de circulation de la Direction interdépartementale des routes Centre-Est et du département de la Savoie n’avaient rien d’alarmantes. Ce samedi 10 janvier, en Tarentaise, 22 000 véhicules étaient attendus à la montée et 27 000 à la descente. Bien loin des records de ces dernières années (près de 80 000 véhicules au total). Et pourtant, la situation a parfois tourné au chaos à cause notamment des conditions météorologiques. « Ce n’était pas un évènement de grande ampleur, tempère Fabrice Pannekoucke, ancien maire de Moûtiers et président de la Région. On était très loin de ce que l’on avait vécu en décembre 2014… »
Alors pourquoi une telle pagaille sur les routes ? Il y a quelques années, Bernard Airenti, l’ancien directeur de la Protection civile savoyarde, avait peut-être apporté un élément de réponse : « Notre réseau routier était calibré pour les JO de 1992, soit 20 000 véhicules/jour. Nous sommes aujourd’hui parfois à plus du double. Si la neige vient à perturber le trafic et si les automobilistes ne sont pas équipés, on retrouve les mêmes risques de thrombose routière. »
« Pas de contravention, donc pas de crainte de la part des automobilistes »
Pour Fabrice Pannekoucke, « les difficultés rencontrées sur l’axe des Belleville ont fini par saturer le reste de l’itinéraire. » Selon lui, « il y a des choses qui ont bien fonctionné (mise en place de l’aire de chaînage à Moûtiers), d’autres moins bien. En réalité, il n’y a pas eu de gros problèmes mais un enchaînement de petits problèmes. » Un bus qui a cassé sa chaîne sans pouvoir la remplacer, un véhicule qui se met en travers de la route… Le constat est « limpide et amer » : de nombreux véhicules n’étaient pas équipés correctement pour faire face à ces conditions. « On s’est battu pour faire passer cette disposition sur les équipements spéciaux dans nos massifs. Mais il n’y a toujours pas de contravention, donc pas de crainte de la part des automobilistes. C’est fort regrettable… »
Des contrôles des équipements ont été mis en place par la gendarmerie au niveau du pont de la Combe. Pas suffisant pour Fabrice Pannekoucke. « Le maître-mot, c’est toujours l’anticipation, souligne-t-il. Il ne faut laisser venir les automobilistes jusqu’ici, après c’est trop tard. Les barrières de péages de Chignin ou La Motte-Servolex sont adaptées pour contrôler les véhicules en amont. »

La question des vacances de février
Dans ces conditions, alors que le trafic avait du mal à s’écouler avec des temps de trajet doublés voire triplés, vers 17 heures, la préfecture de la Savoie a demandé à la commune de Moûtiers de déclencher le plan d’hébergement d’urgence. Trois gymnases ont été ouverts grâce à la mobilisation des agents techniques et des élus permettant à près de 800 personnes de profiter d’un endroit chaud. Des particuliers ont aussi proposé d’accueillir des touristes le temps d’une nuit. « Nos équipes ont été très compétentes pour accueillir nos locataires d’un soir, se félicite Chantal Maire, la maire de Moûtiers. Nous sommes habitués à gérer ce type de situation. » Une situation qui n’était pas sans rappeler celle survenue, le 1er février2025 lors de l’éboulement sur la RN90…
Désormais, tous les yeux sont rivés vers les prochains week-ends et notamment ceux des vacances de février, avec des flux de véhicules bien plus importants. « Cet évènement nous appelle à être vigilant, affirme Fabrice Pannekoucke. Dès samedi (le 10 janvier dernier), j’ai demandé à la préfète de la Savoie d’organiser un retour d’expérience. Tout ne s’est pas mal passé mais nous devons tirer des enseignements pour que ça aille encore mieux et afin d’être prêts pour les vacances de février. »
Article issu du Dauphiné Libéré