À La Morte, au pied de l’Alpe du Grand Serre, le discours évolue autour de l’avenir de la station. Pour César Ghaouti, président de l’association La Morte Vivante, l’enjeu n’est pas de fermer, mais de transformer. « On pense qu’il faut garder le domaine ouvert. Mais comment transforme-t-on la manière de vivre là-haut, comment créer une véritable qualité de vie ? »
L’objectif est clair pour lui : sortir progressivement de la dépendance au ski. « Une station peut être une station de montagne », insiste-t-il, plaidant pour une diversification économique et sociale du territoire. La station doit ainsi devenir un support de transition, capable d’accueillir habitants et activités toute l’année.

Mieux encadrer les flux touristiques
Cette mutation doit aussi répondre à des enjeux environnementaux croissants. « On parle déjà aujourd’hui de surfréquentation », souligne César Ghaouti, pointant la nécessité de mieux encadrer les flux touristiques, notamment lors des pics estivaux. Accès à l’eau, pratiques de loisirs, capacités d’accueil : autant de sujets encore peu structurés. « On ne peut pas fermer les stations en pensant que tout va s’autoréguler. »
Face à ces défis, l’association revendique une approche collective, en lien avec les institutions. « On ne fera pas tout seuls », reconnaît-il, tout en appelant à « pousser les élus à agir avec les bons leviers ». Pour lui, la transition repose sur un équilibre entre engagement citoyen, initiatives individuelles et action publique. « On ne peut pas attendre de nos élus qu’ils fassent tout. Ils ont des moyens limités, l’objectif, c’est de rester main dans la main. »
Avec ses 500 adhérents, La Morte Vivante multiplie les initiatives locales : création d’un café associatif et tiers-lieu, soutien aux artisans, réflexion avec les acteurs économiques et la collectivité. « On n’est pas que dans l’interpellation, on agit. » En filigrane, une conviction : capter les retombées du tourisme pour financer une vie locale plus durable et culturelle.
Article issu du Dauphiné Libéré


