Pour seulement 21 €, cette petite station où l’on skie face à la Meije et ses glaciers

La Haute Romanche, c’est beau mais c’est (un peu) loin, aurait dit Chirac. Quoique, on est à 1 h 30 de Grenoble et à une trentaine de minutes du Briançonnais. C’est aussi pour cela que, à l’écart des foules prenant d’assaut les stades de neige périurbains au moindre flocon, « ici, on ne fait jamais la queue, même lors des vacances », nous dit Adrien. « Le Chazelet est à taille humaine », clame ce fana de la station idéale pour qu’Inès, sa compagne mexicaine, apprenne le virage parallèle.

À La Grave, on ne vient jamais par hasard. On connaît le versant d’en face, côté nord, son téléphérique des vallons de la Meije, qui dessert un espace hors-piste infini, un dénivelé de 2 150 m, depuis le top, sous le dôme de la Lauze (3 567 m). Ce qui fait de cette Mecque du freeride la plus haute station de France skis aux pieds. Mais écrire cela serait brouiller son image et risquerait de la fâcher avec sa voisine (et amie) des 2 Alpes, culminant de l’autre côté du dôme, qui revendique le titre.

Or l’exceptionnel a un prix. Le forfait jour atteint désormais les 66 euros, aligné sur les autres stars de l’Oisans, l’Alpe d’Huez en tête, quand les grands domaines savoyards se hissent à plus de 70 euros. Paradoxalement, le versant du soleil, à La Grave, est celui dans l‘ombre des projecteurs.

« C’est 21 euros la journée »

Sur le belvédère du Chazelet, on est à l’autre bout du spectre que peut offrir le panel des stations françaises. « Certains clients, qui n’avaient pas consulté la grille avant de venir, croient avoir mal entendu. On leur dit : oui, vous avez bien compris, c’est 21 euros la journée », raconte Grégory Bouillet, le chef d’exploitation, tout en précisant que l’offre n’est pas la même. Un télésiège, quatre téléskis, une télécorde et une douzaine de pistes dont deux noires.

« Présenté comme ça, ce n’est pas énorme, mais on dessert un terrain de jeu de 200 hectares de glisse pour 450 mètres de dénivelé, de la pente, et du ski pour le débutant comme pour le skieur confirmé ». Sans compter qu’avec un front de neige à 1 750 m d’altitude, le domaine est moins vulnérable au climat que les sites des Préalpes. « Ces cinq dernières années, on arrive à faire l’équilibre et à ouvrir, au moins partiellement, 100 jours par an, de Noël à mi-mars ». Le Chazelet fait partie de ces petites stations soutenues par le Département des Hautes-Alpes, gérées sous forme d’un syndicat mixte, à l’instar du Queyras, pour soulager les communes.

« Face à la Meije et ses glaciers, on skie dans une petite carte postale ». Renaud, résident local qui y apprend le ski à ses deux enfants, ne s’en lasse pas. « Quand en face le téléphérique est fermé pour risque d’avalanche, c’est la super alternative pour faire sa trace. On peut allonger le dénivelé en descendant hors-piste sur les villages. À la fin de l’été, je prends mon forfait saison, 156 euros pour les adultes, 135 pour les enfants ». Avec droit à une journée de l’autre côté dans les vallons.

Photo Le DL/Benoît Lagneux
Photo Le DL/Benoît Lagneux

« La clientèle vient d’abord pour du séjour car le prix du package est intéressant »

Ce n’est pas pour déplaire à David Le Guen, directeur commercial de la société des téléphériques de la Meije (SATG) : « On a deux offres archi-complémentaires sur le même territoire. Le Chazelet permet à notre clientèle pure et dure de laisser ses enfants au cours et toute la famille se rejoint en fin de semaine au télé. C’est au Chazelet que se forment les vocations qui vont s’épanouir ensuite dans les vallons. » Son raide téléski du plateau d’Emparis et le télésiège du Signal sont le point de départ pour les randonneurs vers une multitude d’itinéraires. « On sert d’ascenseur pour de plus grands dénivelés, des descentes encore plus belles », explique le patron.

Le Chazelet, la petite station qui monte. Grégory Bouillet fait les comptes. En 20 ans, il est passé de 26 000 à 36 000 journées-skieurs vendues par an. +40 %. « La clientèle vient d’abord pour du séjour car le prix du package est intéressant ». Côté logement, La Grave et ses villages regorgent de gîtes accessibles. À l’École de ski, la directrice, Camille Gaillard, dirige une équipe de moniteurs dont l’activité se répartit entre apprentissage et hors-piste sur les deux versants de La Grave. « Ici au Chazelet, on a une offre accessible, 45 euros les 2 h 30 en cours collectif, du débutant à l’expert, 30 % moins cher que les grandes stations alentour ».

Côté restauration, à 10 euros la saucisse-frites au pied des pistes, on est aux antipodes des établissements d’altitude branchés de Tarentaise où la tartiflette grimpe à 30 euros. Le Chazelet, une petite pépite pour skier sans se ruiner. Camille Gaillard est en la meilleure ambassadrice : « C’est une station un peu hors normes, un paysage à couper le souffle, des pistes variées et un accueil convivial. » What else ?

Article issu du Dauphiné Libéré

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