Course à pied, vélo, natation…
Si vous pratiquez un de ces sports d’endurance, vous aurez sûrement déjà entendu parler de ce mot barbare de « VO2 max ». L’arrivée des montres connectées a réussit à populariser cette donnée jusqu’à alors exploitée quasi-exclusivement par les sportifs professionnels.
Mais cette donnée est-elle comprise et employée à bon escient ?

Petit rappel physique :
La définition : l’addition de 3 facteurs
La VO2max, c’est la quantité maximale d’oxygène que l’organisme peut utiliser par unité de temps. Pour être plus clair, on va décomposer cette définition en 3 facteurs reprenant chacun une étape physiologique différente :
- la quantité d’oxygène que les poumons sont capables d’inspirer
- la capacité des poumons à transmettre cet oxygène dans le sang
- la capacité qu’auront les muscles à capter cet oxygène

Un chiffre simple, résultat d’une addition complexe
Ce fameux chiffre résulte donc du cumul des statistiques de votre cœur, de vos poumons, de votre système circulatoire et de vos muscles dans leur fonctionnement indépendant.
Mais l’équation de la VO2 max prend aussi en compte la qualité des interactions entre tous ces organes, puisque cela reflète aussi l’état physique d’une personne, et donc la performance sportive qu’elle est à même de fournir.
L’importance de l’oxygène dans les muscles
On considère, d’un point de vue sportif, qu’une VO2 max élevée est généralement meilleure qu’une VO2 max basse, pourquoi ?
Parce que l’oxygène, paramètre central de la VO2 max, est indispensable au fonctionnement musculaire : Pour se contracter, les muscles puisent dans « l’ATP », un carburant moléculaire issu d’une transformation des nutriments en aérobie, étape au cours de laquelle de l’oxygène est nécessaire.
En résumer, plus votre VO2 max est haute, plus vous apporter d’oxygène à vos muscles et plus ils sont capables de produire de l’effort musculaire.
L’unité de mesure pertinente : le facteur poids

On peut la mesurer en litres ou en millilitres par minute (ml/min), une valeur dite « absolue » qui reprend jusqu’ici une réalité purement physique mais assez peu parlante pour nous.
Quant il s’agit de mesurer la VO2 max d’une personne, on préfère incorporer à ce rapport le poids de la personne (en kg), ce qui nous fera une donnée en ml/min/kg.
Cette mesure-là apparaît comme plus pertinente pour évaluer une performance sportive individuelle et permet de comparer 2 sportifs aux gabarits bien différents.
2 cyclistes ont la même VO2 max mais des poids différents. On pourrait penser jusque-là qu'ils produiront une performance (temps pour une distance = vitesse) équivalente.
Sauf que le plus lourd des deux cyclistes sera lesté de son propre poids pour la même capacité cardio-respiratoire, le même « moteur » pour vulgariser.
Autant dire qu'il devra plus forcer que le cycliste léger pour une même vitesse, et donc que sa performance finale sera inférieure.
La mesure du sportif par excellence
Intéressante mais pas prémonitoire
Le dernier exemple illustre la vocation même de la VO2 max : connaître le niveau physique actuel d’une personne
Il est absolument nécessaire de préciser que cette valeur, même si elle offre une grille de lecture intéressante, n’est que théorique et ne permets pas de prédire un résultat sportif.
En effet, dans le domaine du sport, de nombreux autres facteurs rentrent en compte et interfèrent avec la seule condition physique d’un athlète sur son résultat, dont notamment :
- la capacité de résistance à la douleur dit « mental »
- la gestion de l’effort
- la qualité technique (foulée en course, pédalage et position en vélo, hydrodynamisme en natation, ect…)
- le rendement du matériel

Les données cousines : la VMA
Quand bien même elle est considérée comme la plus importante d’entre tous, la VO2 max ne reste qu’un indicateur parmi d’autres. Par exemple, la Vitesse Maximale Aérobie (ou VMA) est une référence supplémentaire importante dans les sports d’endurance.
La VMA permet de connaître approximativement la vitesse de course à pied à partir de laquelle une personne consomme le maximum d’oxygène. Or ce seuil correspond justement au VO2Max, ce qui témoigne de la consanguinité entre toutes ces mesures.
Ainsi, chaque donnée sportive, que ce soit la VO2 max ou la VMA, ne doivent être interprétées que comme des indices sur l’état physique d’une personne, et qui doivent être réunis en faisceau pour établir un bilan sportif suffisamment précis et fidèle à la réalité.

Un adulte moyen : 35 ml/min/kg…
C’est un chiffre trompeur mais il faut d’abord le poser : on considère qu’un adulte moyen possède une VO2 max entre 30 et 40 ml/min/kg.
Sauf que cette moyenne, comme son nom l’indique, n’est fondé que sur la somme estimée des VO2 max de toutes les personnes à l’âge adulte. En plus d’être très approximative, cette estimation masque des paramètres individuels prédominants de la VO2 max.
… qui ne veut rien dire : l’âge, le sexe et l’activité
Evidemment, pour individualiser cette donnée, on pense d’abord à inclure l’activité physique habituelle de la personne : est-ce qu’elle est sédentaire ou sportive ?
Dans le premier cas, on reprend la moyenne précédente (entre 30 et 40 ml/min/kg) mais dans le deuxième on se situe plus entre 40 et 65.
Certains athlètes de sports d'endurance explosent les compteurs et peuvent dépasser les 90 mais on reste dans l'exceptionnel. Voici quelques exemples :
- Lance Armstrong (cyclisme) : 84.6 ml/min/kg
- Kylian Jornet (Ultra-trail) : 89,5 mL/min/kg
- Bjørn Dæhlie (ski de fond) : 96.0 ml/min/kg
- Oskar Svendsen (cyclisme et actuel record) : 97,5 mL/min/kg
Au delà de ça, le sexe et l’âge importe énormément dans la balance. Pour le sexe, on considère que la VO2 max moyenne d’une femme est généralement moins élevée que celle d’un homme, d’une intervalle de l’ordre d’environ 10 ml/min/kg.
Pour l’âge, le pic étant atteint à 20 ans, dès lors, la moyenne d’un individu a tendance à plonger au fil des années. Il faut préciser qu‘un exercice physique récurent permet d’atténuer considérablement cette baisse.
Se référer aux tableaux suivants :

Calculer sa VO2 max : une chose difficile
Bon, maintenant que l’on a appris tout ça, on a forcément envie de connaître la sienne pour se comparer aux autres. Pour se faire, plusieurs manières existent : montre connectée, test d’effort autonome ou test d’effort en laboratoire.
Cependant, sachez qu’il est réputé difficile d’en établir une moyenne précise soi-même, la VO2 max étant une mesure complexe. L’équation traditionnelle, dite “formule de Léger”, se résume ainsi :
VO2 max = VMA x CE (où CE = coût énergétique/économie de course en mL/kg/km)
La VMA, présente dans le calcul, est en revanche beaucoup plus aisée à auto-évaluer, on vous renvoie vers cet article.