Le comptage des loups, c’est presque une affaire d’État. Voilà le Premier ministre François Bayrou sommé d’agir “avant l’été” dans ce dossier par les huit départements de l’arc alpin (Savoie, Haute-Savoie, Drôme, Alpes-de-Haute-Provence, Hautes-Alpes, Alpes-Maritimes, Isère et Vaucluse). La Bas-Alpine Éliane Barreille, le Haut-Alpin Jean-Marie Bernard et leurs homologues ont écrit le 15 mai au chef du gouvernement pour proposer une nouvelle méthode de recensement de la population lupine.
Si le nombre fait polémique, c’est qu’en découle chaque année le quota de loups qui peuvent être abattus en France pour alléger la pression sur les troupeaux – 192 maximum en 2025. Aujourd’hui, le taux de prélèvements est fixé par l’État à 19 %. Les départements alpins voudraient le voir porté à 30 %. À l’inverse, les défenseurs de l’environnement réclament que “le plafond annuel d’autorisations de destructions, basé sur l’estimation annuelle de la population lupine, soit revu à la baisse quand celle-ci stagne ou diminue”.

Le nombre de loups présents en France est-il sous-estimé ?
En France, les loups sont officiellement 1 013. Cette estimation de l’Office français de la biodiversité (OFB) est contestée par les syndicats agricoles – comme l’ensemble de son action, d’ailleurs. Pour eux, le nombre est sous-estimé, notamment dans les Alpes. “Nous demandons une transparence totale avec les données de l’OFB, l’accès à l’ensemble des indices de présence et résultats des relevés ADN par département” exigeaient encore la FDSEA et les Jeunes agriculteurs des Hautes-Alpes le 9 mai dernier. Précisant que le sujet relevait de décisions nationales, le préfet Dominique Dufour assure qu’il saisira le directeur général de l’OFB sur ce point, ayant “entendu les souhaits des agriculteurs d’être encore plus associés au travail de collecte des indices”.
Poil, urine, excréments, sang, proie : lesdits indices sont aujourd’hui réunis par un réseau national de quelque 4 000 correspondants. Analyses génétiques et méthodes statistiques permettent ensuite d’évaluer le nombre d’individus de cette espèce discrète par nature. Ce que proposent les huit conseils départementaux pour “rétablir la confiance entre les acteurs”, c’est d’adopter une méthode présentée comme plus fiable. À savoir de recourir aux hurlements provoqués , technique qui consiste à imiter le loup adulte pour que les louveteaux répondent. Les départements seraient prêts à soutenir une vaste opération de la sorte dès cet été, grâce à la mobilisation de “plusieurs milliers de volontaires”, ce qui inclut dans leur esprit éleveurs, chasseurs, élus locaux, associations environnementales et services de l’État.
Article issu du Dauphiné Libéré