Alpe du Grand Serre : un avenir fragile mais un sursis obtenu pour un hiver et un été de plus

Contrairement à la séance du 10 juillet dernier, qui avait acté, dans une certaine agitation, la fermeture de l’Alpe du Grand Serre à la fin de l’été, les débats de ce jeudi 13 novembre ont été plus mesurés, et rapidement tranchés. Il s’agissait d’autoriser la Sata à exploiter la station, un hiver et un été supplémentaires à ses frais, sans impact pour la collectivité ; ceci, par le biais d’un avenant au contrat établi entre la communauté de communes (CCM) et l’opérateur en octobre 2024, lors du premier sauvetage de l’Alpe du Grand Serre.

« Je soumets cet avenant au vote avec un avis positif car les conditions que nous avons posées sont respectées, à savoir l’absence d’engagement financier et de risques pour la collectivité », a résumé Coraline Saurat, la présidente de la CCM, au moment de présenter la délibération. Celle-ci a été adoptée à une large majorité (4 abstentions et 4 oppositions sur 60 votants), et permettra l’ouverture du domaine le samedi 20 décembre.

Photo Le DL/Benoît Lagneux
Photo Le DL/Benoît Lagneux

La crainte « d’être dans le même questionnement dans un an »

Pour autant, le vote a été précédé de trois prises de paroles qui ont traduit une certaine incompréhension, voire agacement, à voir le conseil se prononcer régulièrement sur l’Alpe du Grand Serre. « Revenir sur des décisions prises à la majorité m’interroge », a confié Philippe Robert, élu de Monteynard, pour annoncer son abstention. « La forme me dérange : on a voté oui, puis non, puis oui, puis non… Ça fait un an qu’on ne fait que ça », a résumé Xavier Ciot, élu de La Mure, qui a voté contre la proposition d’avenant.

Sur le fond, accorder une année supplémentaire à la station revient à « repousser une décision inéluctable », a estimé Philippe Robert, à savoir sa fermeture : « Ce ne serait pas un abandon, mais un choix responsable et courageux […]. Cela libérerait des ressources nécessaires à la transition. Comme toute transformation, elle ne se fera pas sans impact humain », mais « La Morte bénéficiera de la nécessaire solidarité intercommunale ». L’élu de Monteynard a confié sa crainte « d’être dans le même questionnement dans un an ».

En réponse, Coraline Saurat a invité les élus à « regarder avec hauteur : derrière nos votes, il y a des hommes et des femmes, que la dureté de l’épisode nous a fait oublier. Notre responsabilité, c’est de dire que quand une année supplémentaire nous coûte 0, il faut la saisir ». Tout en reconnaissant que « ça ne règle pas la question de la suite », et en fixant un objectif à ce nouveau sursis : « Cette année doit nous permettre de travailler ensemble sur l’avenir de l’Alpe du Grand Serre ». Qui reviendra, à n’en pas douter, à l’ordre du jour du conseil communautaire.

Article issu du Dauphiné Libéré

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