Les Orres, c’est 270 000 clients accueillis par hiver. Quelque 550 000 journées skieur par an. Jusqu’à 10 400 clients par jour lors des périodes de forte affluence. Au total, 800 emplois sont liés à l’exploitation de la station. Les enjeux économiques sont donc forts. La neige de culture entre dans l’équation.
De l’eau et de l’électricité
« Il faut préparer une sous-couche résistante, puis maintenir un manteau neigeux de qualité et ainsi assurer l’accès à la pratique du ski de l’ouverture à la fermeture du domaine », décrit Tommy Jung, le responsable neige de la station des Orres. Pour cela, deux ressources sont nécessaires : de l’eau et de l’électricité. Un facteur n’est pas maîtrisable : les conditions météo du moment.
« L’automne, on avait des bulles qui se plaquaient à 1 000-1 300 mètres d’altitude. La masse d’air chaud est donc bloquée. S’il fait –4 degrés dans la vallée, il peut faire 1 à la station. Désormais, on constate ce phénomène en hiver. La limite pluie-neige est plus haute. Ces éléments complexifient la production de neige », contextualise Stéphane Henry, directeur des pistes.
« Le matériel a été multiplié par trois en dix ans »
L’eau utilisée pour produire de la neige de culture vient de deux sources. « Sur les 410 000 m³ autorisés, on est à 300 000 m³ de consommation annuelle. On a deux retenues collinaires pour un stockage de 139 000 m³. 230 perches et 90 ventilateurs permettent la production », chiffre Tommy Jung. Depuis dix ans, l’emprise de l’enneigement de chaque appareil est étudiée.
« Le matériel a été multiplié par trois en dix ans mais le prélèvement reste identique », analyse Stéphane Henry. Depuis 2018, la flotte des dameuses est équipée de capteurs pour relever la hauteur de neige. Des retours sont faits au quotidien pour optimiser la répartition de la neige. L’été, des travaux peuvent être menés pour corriger certains aspects de la montagne. Un trou peut être rebouché pour économiser la ressource.

Article issu du Dauphiné Libéré


