« On ne sait pas à quelle vitesse progresse la moule quagga dans le lac du Bourget. On sait juste qu’elle est là et qu’elle se développe ». Pour Sébastien Cachera, responsable de la gestion de l’eau et des milieux aquatiques au Comité intersyndical pour l’assainissement du lac du Bourget, « il aurait fallu réagir avant. Maintenant, il faut faire avec. »
Un fatalisme qui n’empêche pas le spécialiste de garder un œil sur ce qui se passe dans les lacs voisins. « L’impact écologique de la moule quagga est mal connu. On sait qu’elle filtre beaucoup l’eau, qu’elle squatte les fonds, mange beaucoup de planctons. Mais les autres espèces s’adaptent. C’est la nature, il faut rester humble. »

À la recherche d’une solution pérenne
Depuis 2022, le minuscule mollusque est dans le viseur de la communauté d’agglomération. Pourquoi ? Parce qu’il obstrue la conduite qui sert au pompage de l’eau potable, à 40 mètres de profondeur. En attendant de trouver une solution pérenne, Grand Lac a expérimenté un traitement qui semble fonctionner. « On injecte des microdoses de chlore en tête de conduite immergée, ce qui tue les larves avant qu’elles ne rentrent dans l’usine », résume Magali Pinson, responsable du service eau potable de Grand Lac.
En parallèle, « un labo de recherche de l’USMB, au Bourget-du-lac, effectue des prélèvements depuis l’an dernier », complète Sébastien Cachera. Le but est « d’identifier si les moules adultes sécrètent des molécules pour orienter leurs juvéniles, comme le font d’autres mollusques. » L’idée serait alors de reproduire cette molécule pour la fixer sur des supports qui seraient plongés dans le lac. Des sortes “d’attrape-moules” pour canaliser les envahisseuses. Mais il va falloir patienter quelques années pour voir si ce procédé peut offrir, ou pas, de nouveaux débouchés aux tuyaux de l’Agglo.
Article issu du Dauphiné Libéré