Ce n’est pas un secret : d’ici 2050, les températures devraient augmenter, en plaine et plus encore en montagne. Selon le projet Drias, qui élabore des scénarios climatiques régionalisés, cette hausse serait de 2,4 % pour le cœur du parc de la Vanoise. Un aspect qui aura de nombreuses conséquences : baisse de l’enneigement d’un mois environ à 1 800 mètres d’altitude (donnée de l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement), perte de 65 % du volume des glaciers, des périodes de sécheresse plus marquées en été…
Pour le Parc national de la Vanoise, 2050 c’est déjà demain. « Depuis juin 2025, nous réfléchissons à notre stratégie d’adaptation au changement climatique, souligne Emma Denise, chargée de mission sur cette thématique. Notre objectif est de comprendre les attentes et les craintes du territoire. Pour cela, nous avons des commissions avec des socioprofessionnels. Nous avons également consulté les habitants lors de trois ateliers participatifs à Bozel, Aussois et Séez (80 personnes au total). »

Imaginer les conséquences du réchauffement climatique
Afin d’élaborer un plan d’adaptation au changement climatique en 2026, le Parc a travaillé sur les espèces et milieux arctico-alpins (qui dépendent de l’enneigement pour vivre) pour imaginer les conséquences : réchauffement des lacs d’altitude, risques d’assèchement des zones humides, arrivée de nouvelles maladies sur la faune sauvage, perturbation du cycle de développement de certaines espèces végétales…
« L’un des enjeux pour les animaux, ça va être de chercher de la fraîcheur, explique Emma Denise. Par exemple, le bouquetin pourrait être confronté à un risque de stress thermique. L’autre élément à prendre en compte, c’est la ressource fourragère. Si elle est de moins bonne qualité, ils devront parcourir plus de distance. »
Les activités humaines ne seront pas épargnées… À l’image du pastoralisme qui devrait sûrement composer avec « des événements extrêmes comme une sécheresse suivie de fortes pluies ». Ou des refuges qui souffrent déjà d’un manque d’eau. « En 2022, le refuge du col du Palet a dû fermer deux mois avant la fin de la saison, rappelle Emma Denise. Il y a une vraie inquiétude. » L’autre enjeu sera d’évaluer les impacts du tourisme (randonnée, activités de plein air, bivouac) sur la biodiversité. « C’est difficile à quantifier, avoue la chargée de mission. Nous avons un programme européen (BiodivTourAlps) qui commence à étudier cette question. En attendant, on fait de la sensibilisation en expliquant les bons gestes à adopter. »
Avec ce plan d’adaptation au changement climatique, le Parc national de la Vanoise souhaite « fixer des actions à court, moyen et long terme. Nous devons aller encore plus loin. Pour s’adapter, il faut anticiper ».
Article issu du Dauphiné Libéré