Le Dauphiné Libéré a beau être le journal de la montagne, il lui reste encore des skieurs à conquérir. La preuve avec Marianne James qui, bien que vivant dans la Drôme, à Montélimar, avoue ne pas être une de nos fidèles lectrices. « Mais quand je trie mes légumes, il y a toujours une page du Dauphiné en dessous ! » L’éclat de rire qui s’ensuit donne le ton de l’heure d’interview à venir. Marianne James est à la vie comme à l’écran : sans filtre, généreuse, piquante !
Au-delà de ses talents de chant et ses saillies mémorables en tant que jurée dans Nouvelle Star ou La France a un incroyable talent, notre petit doigt nous dit qu’elle a aussi un faible pour le ski. « Votre petit doigt ne s’est pas trompé, on en faisait avec le club de sport du quartier Saint-James (Montélimar). » La petite Marianne, qui n’a pas encore opté pour le pseudonyme de James (emprunté à son parrain, pas au quartier !), a donc pris goût très tôt aux joies de la glisse. « Nous partions régulièrement en bus faire du ski à Villard-de-Lans, la station la plus proche. À l’époque, il n’y avait pas de problème de neige alors que maintenant, c’est rare qu’il y en ait à Noël… »
Pistes, gaufres et style déplorable
Puis viennent les séjours avec les parents, à Courchevel et à L’Alpe-d’Huez. « Mes parents adoraient L’Alpe-d’Huez parce que le soir, ils nous calaient ma sœur et moi avec des nounous, et eux allaient en boîte. Quand on montait aux vacances de février, je les voyais partir de l’hôtel déguisés en Shéhérazade et en cheikh. Je revois mon père prendre un drap blanc, se le foutre sur la tête avec une embrase de rideau et se faire une barbe avec un bouchon en liège passé au briquet ! »
Et le ski dans tout ça ? « Le lendemain, quand ils avaient désaoulés (parce qu’ils s’en prenaient des bonnes !), on était sur les pistes. Moi j’étais dans le club des petits pour passer ma première étoile. Je détestais le tire-fesses, mais j’adorais le télésiège et les œufs. C’était génial quand on montait avec les parents pour manger au restaurant d’altitude. Un chocolat chaud et une belle gaufre avec de la chantilly et du sucre glace qui te fait une moustache ! »
Quand on l’interroge sur son niveau de ski, la réponse est franche : « Attention, attention ! Je peux TOUT descendre, les bleues, les rouges, les vertes ! Quitte à prendre une noire, à déchausser et descendre le long de la piste. Je ne sais toujours pas skier mais je descends tout ! Moi qui suis danseuse et souple, je n’ai jamais su plier les jambes en ski. Du coup j’ai un style absolument déplorable ! Ça fait chasse-neige, je fais des murs de neige sous mes skis. »
Rien n’arrête Marianne James, quitte à se retrouver dans de drôles de situations ! Comme cette soirée où, à l’âge de 17 ans, elle est redescendue un peu trop tard du sommet.
Marianne James face à la piste noire
« Je suis arrivée après la dameuse. Je crois que c’était à Courchevel, le domaine skiable était immense et j’étais à la bourre. J’ai enlevé mes skis et je suis descendue dans la poudreuse le long de la piste noire. Ça faisait une demi-heure que la station était fermée, la nuit arrivait. Ma mère était angoissée comme c’est pas permis et le directeur de la station a gueulé comme un putois. Je me suis pris une danse parce que ça avait alerté tout le monde, ils avaient prévu les chiens car il n’y avait pas les portables à l’époque ! » On n’est finalement pas loin de Jean-Claude Dusse coincé sur le télésiège dans Les Bronzés font du ski…
Alors notre Marianne serait-elle un brin maso pour aimer autant le ski malgré tout ? Non, voyez-y plutôt une amoureuse de la neige. « Je suis comme une gosse ou un toutou qui découvre pour la première fois de sa vie de la neige ! Tout devient beau avec la neige : le moindre arbre, la moindre clôture, la moindre boîte aux lettres. Il y a une poésie, tout est amorti au niveau sonore, tout est doux, c’est onirique. »
Souvenirs glacés et projets givrés
Moins poétiques en revanche les souvenirs des tenues de ski qu’elle portait enfant ! « On avait la combinaison avec les bretelles, sauf que quand on avait envie de faire pipi, il fallait enlever les gants, le blouson, la veste, les bretelles, dézipper la combi, la descendre puis tout remettre, on haïssait ces tenues ! » La classe tout de même d’arborer une tenue rouge et bleu marine, « comme Jean-Claude Killy ».
En pleine célébration des vingt ans d’Incroyable Talent sur M6 , Marianne James s’est également affairée pour Noël, fête chère à son cœur. « Je vais à la messe de minuit à l’abbaye d’Aiguebelle, dans la Drôme. Leur crèche est toujours aussi belle, avec toutes ces bougies dans l’abbatiale. C’est un magnifique endroit. »
Et se projette aussi plus loin, dans le froid toujours mais pas celui des Alpes. « L’hiver prochain, il est prévu que j’aille voir les aurores boréales au nord de la Norvège et je veux coupler ça à une thalasso, avec un soin sauna-poudreuse. » À défaut de chausser des skis, c’est dans la Drôme et en maillot qu’elle se prépare à affronter le froid. « Le 8 décembre, j’étais dans ma piscine à 6°C, je le jure sur mes cordes vocales ! » On vous l’a dit, rien n’arrête Marianne James !
Article issu du Dauphiné Libéré