Ski de randonnée : pourquoi les professionnels tirent la sonnette d’alarme

Une pratique sportive intensive au plus proche de la nature. Le ski de randonnée, à l’image du trail et de l’escalade, bénéficie à fond de cet effet de mode qui récolte des milliers de nouveaux pratiquants partout dans les massifs français. Un boom numérique qui ne va pas sans difficultés. « On a vraiment un souhait de pouvoir cohabiter avec les pratiquants de ski de randonnée mais on a un réel problème de sécurité sur les pistes », reconnaissait, dans la vidéo de la Fédération française de la montagne et de l’escalade (FFME), Julien Metivier l’adjoint au chef des pistes de la station d’Aussois en Haute Maurienne.

« Certains pratiquants n’ont pas du tout conscience des risques qu’ils prennent, notamment par rapport au damage à treuil, et ils s’en foutent complètement alors que le câble relié à la dameuse est un réel danger », déplorait-il. Autre danger pour les gestionnaires de pistes, les déclenchements d’avalanches le matin pour sécuriser les domaines avec la crainte de skieurs de randonnée présents et inconscients du danger.

Photo Adobe Stock
Photo Adobe Stock

« Il faut une prise de conscience collective »

« Il faut que les différents acteurs se parlent. Il faut une prise de conscience collective de ce que peut être le ski de randonnée en station », prône Gaël Rastout directeur technique national (DTN) adjoint à la FFME et conseiller technique national pour le ski alpinisme.

Pour y parvenir, la fédération a fait témoigner dans une vidéo des directeurs de pistes, de stations, des professionnels de la neige et des risques liés aux avalanches. Un film pédagogique de plus de 23 minutes tourné dans les stations des 7 Laux, d’Aussois, de Flaine et de Courchevel. « Le but commun c’est vraiment la sécurité de la pratique, la volonté de la fédération c’est le développement du ski de randonnée. Et nous sommes aux côtés de chaque domaine qui souhaiterait développer ce type d’activités », ajoute le conseiller technique national pour le ski alpinisme. « Avec l’entrée du ski alpinisme [NDLR : le volet compétition du ski de randonnée] aux JO 2026 cela va contribuer à rendre encore plus visible l’activité. On souhaite la reconduire aux JO 2030 des Alpes », confie le DTN adjoint.

Paradoxalement, et à demi-mot, les professionnels de la montagne interrogés reconnaissent en off que la population la plus rétive au respect des règles, sur l’interdiction de pratiquer le ski de randonnée sur les domaines fermés, est celle des sportifs ou professionnels prompts à avaler du dénivelé avant ou après le travail. « On a un vrai rôle d’exemplarité, de la part des professionnels de la montagne, à ce niveau-là », concluait dans la vidéo de la FFME l’adjoint au chef des pistes d’Aussois.

Article issu du Dauphiné Libéré

PARTAGER
Découvrez nos lectures liées
Restez informé, suivez le meilleur de la montagne sur vos réseaux sociaux
Réserver vos séjours :
hébergements, cours de ski, forfaits, matériel...

Dernières actus